13 C
Alger
mercredi 27 janvier 2021

Malgré le ras-le-bol des voyageurs et la colère des transporteurs: Toujours pas de transport inter-wilayas…

A l’arrêt depuis mars dernier en raison du coronavirus, les transporteurs inter-wilayas sont à bout de patience et de ressources et demandent la reprise de leurs activités le plus vite possible.

Par Thinhinene Khouchi

La colère monte chez les transporteurs inter-wilayas, bus ou taxis, qui sont à l’arrêt depuis le mois de mars dernier. En effet, si certaines activités ont pu reprendre depuis juillet, la station de bus et taxis inter-wilayas de Kharouba à Alger est vide depuis maintenant neuf mois en raison de la pandémie de coronavirus (Covid-19). Les chauffeurs arrivent à bout de patience et de ressources et appellent à la reprise de leurs activités. «Je n’arrive plus à tenir. Neuf mois c’est vraiment trop et insupportable de rester sans revenus pendant toute cette période», nous dira Ali, chauffeur de bus inter-wilayas. Un autre chauffeur professionnel de taxi jaune, qui prend le risque de garer son taxi à quelques pas de la station de Kharouba dans l’attente de voyageurs, nous déclarera : «On est à l’arrêt depuis mars dernier. On est obligé de travailler même illégalement et de gagner notre pain». Et d’ajouter : «J’avais un peu d’argent de côté, mais avec le mois de ramadan, l’Aid el Fitr, Aid el Adha, la rentrée scolaire et autres évènements, j’ai tout dépensé donc je suis obligé de travailler même si je risque une amende ou même de perdre ma licence». En outre , de par l’arrêt du transport inter-wilayas les voyageurs ont aussi été pénalisés. Certains ont dû annuler leurs voyages, d’autres, contraints de faire la navette d’une wilaya a une autre, sont obligés de subir les prix des taxieurs clandestins qui profitent de cette crise pour se faire plus d’argent. Si «officiellement» aucun taxi collectif jaune n’est autorisé à prendre de voyageurs, les abords des deux grandes stations de taxis et de bus inter-wilayas grouillent de chauffeurs clandestins. Selon Abdelkader Benbrahim, représentant du Syndicat national des taxieurs et transporteurs (Sntt-Ugta), «ils sont présents dans les 58 wilayas de façon normale. Les clandestins sont intouchables et les prix ont doublé ou triplé». En effet, «alors qu’un aller simple pour Constantine ne dépassait pas 1 000 DA, désormais avec les chauffeurs clandestins c’est 3 000 DA la place. C’est du n’importe quoi !», nous dira un homme d’une cinquantaine d’années qui devait se rendre à Constantine. Notre interlocuteur a ajouté qu’«il est temps de laisser les chauffeurs de bus et de taxi inter-wilayas reprendre leurs activités, car ils sont vraiment indispensables». A ce propos, s’exprimant jeudi dernier sur ce sujet, le ministre des Transports, Lazhar Hani, a indiqué que le transport de voyageurs inter-wilayas n’est pas autorisé à reprendre pour des raisons «tout à fait objectives» liées à la pandémie de coronavirus. «Parce que cela fait des déplacements de longs trajets, c’est impossible à contrôler et c’est le lieu de l’installation de la pandémie par excellence», a-t-il dit, ajoutant que «c’est dans le cadre des mesures barrières prises pour empêcher la circulation de la pandémie» que le transport inter-wilayas n’est pas encore autorisé. Le ministre a précisé que seuls les transports urbains (bus, taxis, tramway) sont autorisés. Le transport par câble (téléphérique), métro et train sont toujours suspendus.
T. K.

Article récent

--Pub--

Articles de la catégorie

- Advertisement -