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dimanche 14 août 2022

Malgré l’autorisation des agriculteurs à vendre directement leurs produits : La flambée des prix persiste

Les fruits et légumes sont intouchables. Les commerçants continuent d’ afficher des prix trop élevés, qui frustrent les consommateurs qui s’attendaient à une baisse des prix après
la récente décision du ministre du Commerce, permettant aux agriculteurs de vendre directement leurs produits au niveau des marchés de détail et de gros.

Par Thinhinene Khouchi

Le pouvoir d’achat du citoyen est en chute libre. Les ménages assistent impuissants à une hausse injustifiée des prix des fruits et légumes. Les commerçants augmentent, tour à tour, leurs produits. Dans les marchés de la capitale, la pomme de terre, proposée il n’y a pas plus d’une semaine à 50 DA est affichée aujourd’hui à 85 DA, la tomate est vendu à 60 DA chez certains, tandis que d’autres l’exhibent à 80 DA. Les oignons sont à 45 DA, la courgette qui se vendait, il y a quelques jours à 60 DA , est présentée aujourd’hui à 100 DA. Les carottes sont cédés entre 65 et 80 DA. Les haricots verts sont proposés à 200 DA, les poivrons à 100 DA. Même augmentation est constatée chez les commerçants des fruits à l’image de la banane qui est proposée à 270 DA le kilo au lieu de 190 DA. Le prix de la pomme locale a, lui aussi, été retouché passant en quelques jours de 150 DA le kilo à 230 DA, la poire est affichée ,ès son arrivée dans nos marchés à pas moins de 140 DA. En outre, le prix des raisins varie selon la qualité et la taille du produit, entre 150 et 350 DA. Même constat pour les viandes; en effet, le prix de la viande blanche est passé de 280 DA/kg à 350 DA pour arriver aujourd’hui à 450 DA le kilo chez certains et plus de 500 DA chez d’autres. La viande ovine locale est proposée à plus de 1 400 DA et la viande bovine à plus de 1 300 DA. Cette situation frustre les consommateurs, notamment ceux qui ont une famille nombreuse. Pour Smaïl, père de quatre enfants, deux adolescents, se dit fatigué de cette hausse. «Je n’arrive pas à nourrir convenablement mes enfants. 85 DA la pomme de terre ! Ou allons-nous ? ou sont passés les services de contrôle ?» se demande-t-il. Une dame rencontrée hier au marché Clauzel nous confie : «Je m’attendais vraiment à un changement cette semaine, mais apparemment ce ne sont que des paroles», ajoutant «le ministre du Commerce avait annoncé l’ouverture des marchés aux agriculteurs pour vendre directement leurs produits dans le but de mettre fin a la spéculation et faire baisser les prix, mais comme d’habitude, ça prendra du temps, peut-être même des années pour se réaliser». À propos de la récente décision du ministre du Commerce, le secrétaire général de l’Union nationale des paysans algériens, Mohamed Alioui a indiqué que «c’est une bonne initiative» et concernant les frais de transport, il dira que «les frais de transport des produits des agriculteurs vers les espaces de vente (gros et détail) seront financés par les cotisations des agriculteurs, adhérents à des coopératives agricoles», a-t-il assuré, en avançant que son organisation allait organiser des rencontres avec les agriculteurs pour vulgariser cette nouvelle démarche. Concernant les espaces aménagés aux agriculteurs pour étaler leurs produits au niveau des marchés de gros et de détail relevant du ministère du Commerce, le directeur général de la Régulation et l’organisation des marchés au même ministère, Sami Koli a déclaré que cinq marchés de la SPA Magros ont déjà des espaces dédiés aux agriculteurs pour la vente directe de leurs produits aux consommateurs. Il s’agit des marchés se trouvant dans les wilayas de Aïn Defla, Sétif Ourgla, Béchar et Mascara. Par ailleurs, pour les commerçants au niveau des marchés de gros ou de détail et selon plusieurs observateurs, «une telle décision nécessite beaucoup de temps pour être appliquée sur le terrain, car les différents marchés de détail et de gros manquent d’espaces, et sont complètement dégradés. Où allons-nous accueillir les agriculteurs ?» s’interrogent certains commerçants qui on pris connaissance de cette décision contrairement à la majorité qui font part de leur «méconnaissance». Pour d’au-tre, ils assurent qu’«il faut d’abord aménager des espaces pour les commerçants locataires puis ensuite ramener des agriculteurs».
T. K.

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