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lundi 6 février 2023

Mais où sont passés les chars ukrainiens ?

A un mois du premier anniversaire de son déclenchement, on peut dire de la guerre en Ukraine qu’elle n’a rien perdu de sa première intensité, pour autant qu’elle n’en ait pas gagné au fur et à mesure des onze mois de batailles acharnées auxquelles elle a donné lieu, qui une fois commencées ne veulent pas se terminer. La dernière, celle de Bakhmout est déjà vieille de plusieurs mois. La position, actuellement défendue par les Ukrainiens, après l’avoir été par les Russes, n’est toujours pas tombée, du moins en entier, entre les mains de ceux-ci, qui continuent de progresser vers son cœur, où les attendent des combats de rue sanglants, sans doute appelés à leur tour à s’étaler dans le temps. A Soledar même, non loin de là, bien que d’ores et déjà contrôlé par les Russes, en l’occurrence par le groupe Wagner, tout n’est pas encore réglé. On ne peut même pas exclure que les Ukrainiens y reviennent en force, et tentent de reprendre le terrain perdu. La phase actuelle de la guerre, tant par la nature des combats qu’en raison de l’état du sol, est celle du retranchement, suivi dans les meilleurs des cas d’une petite progression vers les lignes ennemies. Elle ne peut durer éternellement, ce dont tout le monde convient.

Si par la force des choses l’immobilité est maintenantla règle, tout indique qu’il en sera autrement dès que le mouvement redeviendra possible. Mouvement et offensive vont de pair. Il a fallu qu’on en arrive là, c’est-à-dire à la préparation des offensives nécessaires, pour s’apercevoir qu’en fait le camp le plus désireux de s’y lancer, à savoir l’Ukraine et l’Otan, n’ont pas encore réuni les moyens indispensables pour cela, dont les premiers : les chars de combat. Chacun avait pu constater qu’ils en avaient au début de la guerre, de même que les Russes, peut-être même non moins que les Russes. Pendant des mois, on ne voyait que les chars russes, ou calcinés au bord des routes, ou parqués sur des places publiques en témoignage de la débandade russe, mais rarement en relativement bon état. Des experts ont défilé sur les antennes pour expliquer que le temps des chars était révolu, qu’ils ne servaient plus à grand-chose, qu’un simple drone survenant à l’improviste au-dessus d’eux pouvait en détruire plusieurs d’un coup. Qu’il n’y avait que les armées à ADN soviétique pour continuer d’en faire une arme maîtresse de combat. Et puis voilà que le discours change, que sans les chars la guerre est perdue, qu’il faut en urgence en fournir aux Ukrainiens, qu’il en est encore temps si on s’y prend dès à présent. Mais quant à savoir où sont passés les chars russes appartenant à l’Ukraine, c’est là un mystère impénétrable. Seraient-ils par hasard tous détruits ? Et dans ce cas à quel moment de la guerre, lors de l’offensive russe, ou de la contre-offensive ukrainienne ? Reste que le fait est là, les chars ukrainiens, de conception russe, sinon de fabrication, vu qu’il a tout de même existé une industrie militaire ukrainienne, qui au début se comptaient par centaines, ont tous disparu. Si complètement disparus qu’il y a maintenant des pays de l’Otan qui se séparent pour la bonne cause, qui d’un ou de deux chars allemands, des Leopard 2, les meilleurs, meilleurs en tout cas que les Abrams américains, qui jusque-là passaient pour le top du top ; qui une dizaine, pour les plus généreux ; qui des chars de son invention, comme les Britanniques, dont l’offre a surtout eu pour utilité de mettre la pression sur les Allemands.

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