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lundi 27 juin 2022

Mahboub Bati: Une signature synonyme de succès

Ses fans écoutent encore ses chansons et les férus de chaabi connaissent les paroles. En effet, vingt deux ans après sa disparition, Mahboub Bati demeure une signature synonyme de succès qui traverse le temps. Un grand nombre de chanteurs de renom l’avaient sollicité pour revenir très vite en force sur la scène artistique et confirmer leur talent, à travers les textes et des compositions de ce monument de la chanson chaabi.

Par Abla Selles
Artiste au génie créatif et singulier issu d’une famille modeste, Safar Bati Mohamed El Mahboub de son vrai nom, disparu le 21 février 2000 à l’âge de 80 ans, a manifesté très tôt, alors qu’il était encore enfant, des penchants prononcés pour la musique et la poésie, après avoir reçu, durant quelques mois, les premiers enseignements de la vie dans une école coranique et travaillé comme apprenti-coiffeur pour subvenir aux besoins de sa famille.
Quelque temps après, Mahboub Bati, se frottant aux maîtres du chaâbi, à l’instar d’El Hadj M’rizek, El Hadj M’hamed El Anka, Khelifa Belkacem et les frères Fekhardji, Mohamed et Abderrahmane, apprendra à lire une partition musicale et à jouer de la cornemuse, pour intégrer, en 1937, la troupe théâtrale de Mahieddine Bachtarzi, fraîchement constituée.
Autodidacte, doté d’une incroyable capacité d’apprentissage, Mahboub Safar Bati apprendra à jouer de la mandole, des percussions, du violon, banjo, cithare et flûte, pour intégrer, durant les années 1940, l’Orchestre moderne de la station d’Alger comme clarinettiste et multiplier les rencontres, les cérémonies et les concerts, jusqu’aux années 1970, où il eut à affronter l’ire des conservateurs de la chanson chaâbi, représentés alors par El Hadj M’hamed El Anka, qui avait mal accueilli ses nouvelles chansons, conçues et écrites, lui reprochait-il, «aux lieu et place des textes poétiques du melhoun».
Imperturbable et convaincu de son projet de moderniser la chanson chaâbi, Mahboub Bati écrit et compose une centaine de chansons, mettant au devant de la scène une nouvelle génération de chanteurs chaâbi et réussissant à «algérianiser» ce genre populaire.
Mahboub Bati quittera la scène artistique en 1986 après avoir remis le chaâbi au goût du jour avec des chansons qui continuent à ce jour d’être fredonnées, comme «El Bareh» d’El Hachemi Guerouabi, «Rah el ghali» de Boudjemaâ El Ankis, «Mali hadja» d’Amar Ezzahi, «Nesthel el kiyya» d’Amar El Achab et «Djah rabbi ya jirani» de Abdelkader Chaou.
A. S.

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