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lundi 27 mai 2024

Macron renonce aux voix des Algériens de France

Après le rappel de l’ambassadeur à Paris et l’interdiction de l’espace aérien aux avions militaires français, ce serait quoi la prochaine étape ? La rupture des relations diplomatiques ? L’Algérie qui compte une importante communauté en France se garderait bien de franchir ce pas, à moins d’une provocation française qui viendrait l’y contraindre. Elle serait du reste mal inspirée de céder aux provocations. Mais si Mohamed Antar Daoud est pour ainsi dire condamné à réintégrer son poste au bout de quelques jours d’absence, les consultations pour lesquelles il a été rappelé à Alger ne pouvant durer indéfiniment, l’espace aérien lui ne semble pas près de se rouvrir devant les avions militaires français, alors même qu’il n’y a encore aucune annonce officielle en ce sens. À moins peut-être que le président français ne démente les propos inacceptables du point de vue algérien rapportés par le journal «Le Monde», ou qu’il les édulcore grandement. Mais même alors, il n’est pas certain que les avions français soient à nouveau autorisés à survoler l’espace aérien algérien. L’interdiction a probablement vocation à durer, d’autant que l’autorisation elle est récente, remontant au début de l’opération Barkhane en 2014.

La règle est que les avions militaires français ne survolent pas le territoire algérien, et l’exception est qu’ils soient autorisés quelquefois à le faire. C’est peut-être cela qui explique que l’Algérie ne se soit pas donné la peine de signifier cette interdiction, se bornant de fermer son espace à un plan de vol déposé le 3 octobre par l’armée française. Ce qui a valu pour ce jour vaudra automatiquement pour les suivants. Il y a cinq ans, le candidat Emmanuel Macron à la présidentielle de cette époque se déplaçant à Alger dans le cadre de sa campagne électorale avait qualifié de crime contre l’humanité le colonialisme français. Il était le premier politique français à rentrer à cet égard dans les vues algériennes. S’il l’a fait, c’est sûrement parce qu’il en escomptait le plus grand profit pour son élection. Les Algériens en droit de voter en France se déterminent dans leur choix en premier lieu en fonction de l’attitude des candidats par rapport à leur pays d’origine. De là d’ailleurs leur constante préférence pour les candidats de gauche. Il y a cinq ans, le danger de l’extrême droite existait déjà. Il s’est accru depuis. L’opinion française semble plus à droite aujourd’hui qu’elle ne l’était il y a cinq ans. C’est du moins ce que donnent à penser les sondages relatifs aux intentions de vote. Il semble déjà acquis qu’aucun candidat de gauche ne sera présent au deuxième tour dans tous les cas de figure possibles. Si l’on pouvait, il y a cinq ans, remporter la présidentielle bien qu’on ait qualifié le colonialisme français en Algérie de crime contre l’humanité, cela n’est pas possible aujourd’hui. A en croire les sondages, qui toutefois se trompent souvent. Pour un candidat sans véritables convictions, à qui les sondages servent de boussole, il est suicidaire dans ces conditions de rester sur une position que même les candidats les plus à gauche n’osent pas faire leur. La présidentielle se gagnant plus que jamais à droite, il faut au contraire montrer qu’on est complètement revenu d’une folie d’extrême gauche qui aujourd’hui serait tout à fait suicidaire. Si précédemment on a tordu le bâton à gauche, sans avoir eu d’ailleurs à le regretter, il est impératif pour l’heure de le tordre plus fortement encore dans le sens opposé. On disait fort imprudemment qu’il y avait crime contre l’humanité ? Ce qu’on dit maintenant, c’est qu’il ne pouvait pas y avoir de crime de ce genre, du moment qu’il n’y avait même pas de nation à massacrer.

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