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mercredi 27 janvier 2021

Lutte contre le VIH-sida : des «avancées appréciables» en Algérie: Le coronavirus ne doit pas faire oublier les autres maladies

Dans la situation actuelle de crise sanitaire, la lutte contre la pandémie de Covid-19 mobilise l’essentiel des forces hospitalières ainsi que les professionnels de santé. Mais il ne faut pas oublier que les autres maladies courent encore, notamment le sida.

Par Meriem Benchaouia

Ce contexte épidémiologique ne doit pas aussi provoquer une perte de chances pour des malades souvent bien plus vulnérables que toute autre personne. Il est primordial que ces patients ne se sentent pas isolés ou abandonnés dans cette période, ce qui peut leur ajouter du stress supplémentaire pour eux qui ont un parcours de soins déjà complexe et anxiogène. Insistant sur la «poursuite des efforts» dans le contexte de la crise sanitaire du coronavirus, le ministre de la Santé, Abderrahmane Benbouzid, a affirmé, hier, que l’Algérie a enregistré des «avancées appréciables» en matière de lutte contre le VIH/sida. Evoquant la crise sanitaire actuelle, le premier responsable du secteur de la Santé regrette que le Covid-19 ait «perturbé les services de santé et menacé les progrès accomplis au cours des 20 dernières années dans les domaines de la santé et du développement, y compris les avancées réalisées dans le domaine de la lutte contre le VIH». S’exprimant à l’occasion de la célébration de la Journée mondiale de lutte contre le sida, le ministre a souligné «la qualité et la densité» du partenariat liant l’Algérie à l’Onusida, lequel a permis au pays d’enregistrer des «avancées appréciables» en matière de lutte contre le VIH/sida, ce dernier étant «à épidémie peu active, avec une prévalence de l’ordre de 0,1 %». Il a, à ce propos, tenu à «réaffirmer la volonté de l’Algérie à s’atteler davantage à réunir tous les moyens afin de renverser le processus de propagation de cette épidémie mondiale». De même qu’à «s’inscrire résolument dans la cible ambitieuse fixée par l’Onusida, consistant à mettre fin au sida d’ici à l’horizon 2030». Et d’assurer que «cette volonté politique s’est traduite par une mobilisation totale du gouvernement et de l’ensemble des intervenants et ce, dans un cadre multisectoriel», avant de souligner «le maintien» d’un financement conséquent à hauteur de plus de 95 % sur le seul budget de l’Etat. L’enjeu étant de garantir, «à titre gratuit, toutes les prestations nécessaires, y compris le dépistage et le traitement antirétroviral (ARV) pour tous». Néanmoins, les comportements à risque, la faible utilisation des moyens de protection, la consommation de drogues injectables, le phénomène de migration, sont autant de «facteurs de vulnérabilité imposant le maintien de notre vigilance», met en garde Pr Benbouzid, insistant sur «la volonté de poursuivre les efforts afin de relever le défi», à travers la mise en œuvre du Plan national stratégique (PNS) de lutte contre les IST/VIH/sida 2020 -2024. Ce dernier, poursuit le ministre, vise «l’optimisation de la riposte nationale eu égard au profil et à la dynamique de l’épidémie, en axant les efforts sur les populations clés et vulnérables au risque VIH», et tend également à offrir un «traitement de qualité, dans un environnement favorable, non stigmatisant et non discriminant, afin d’atténuer l’impact de l’épidémie». Et de rappeler l’inscription, depuis octobre dernier, de l’Algérie dans la liste des pays bénéficiaires de la licence volontaire de Medicines Patent Pool (MPP) et ViiV Healthcare, lui permettant d’acquérir la molécule générique du «Dolutégravir (DTG)» à un prix «très réduit». A ce propos, il s’est engagé à «actualiser» le guide thérapeutique en inscrivant ce traitement en «première ligne» au profit d’environ 80 % des personnes vivant avec le VIH. Ce qui contribuera, en même temps, à réduire la facture annuelle d’importation des médicaments ART de plus de 6 millions de dollars, a-t-il noté. Tout en soulignant la célébration de cette journée sous le thème mondial «Solidarité mondiale et responsabilité partagée» et sous le slogan national «Pendant le Covid-19, assurer les soins et le traitement du VIH est la responsabilité de tous», il a relevé «l’importance de la continuité des services dédiés à la prise en charge des malades infectés par le VIH». L’objectif étant, a-t-il observé, d’«empêcher la recrudescence de la stigmatisation ainsi que le rebond de l’épidémie du sida», qualifiant celle-ci de «menace de santé publique».

M. B.

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