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dimanche 26 juin 2022

Lutte contre le coronavirus: Dr Yousfi sur la vaccination : «Nous sommes très en retard…»

Déplorant un retard en matière de vaccination de masse de la population contre la pandémie de Covid-19, le Dr Mohamed Yousfi, chef de service des maladies infectieuses à l’hôpital de Boufarik, appelle à passer à la vitesse supérieure pour anticiper une éventuelle vague de contamination, à la faveur de l’apparition des variants britannique et nigérian en Algérie.

Louisa Ait Ramdane

Selon le Docteur Yousfi, l’Algérie est en retard par rapport à d’autres pays. «Il faut accélérer la vaccination, nous sommes très en retard par rapport à d’autres pays», a-t-il déploré. Invité de la rédaction de la Chaîne 3 de la Radio nationale, Dr Mohamed Yousfi a fait savoir que «le taux de vaccination est de 0,17 %». Tout en rappelant que «l’Algérie a entamé tardivement la campagne vaccinale, le Docteur appelle à passer à la vitesse supérieure dans la vaccination pour anticiper une éventuelle vague de contamination. «Les variants sont plus dangereux, plus contagieux et se répandent plus rapidement. Heureusement que la situation épidémiologique actuelle est stable», s’est réjoui le Dr Yousfi qui a insisté encore sur la vaccination.
L’intervenant a déploré, par ailleurs, le séquençage limité au niveau de l’IPA et le déficit d’information au niveau du ministère de la Santé. «Il y a une déficience de communication, il faut qu’on sache qui est qui, qui fait quoi, pour prendre nos précautions», a-t-il dit, ajoutant : «Quand on n’a pas l’information, on ne peut pas orienter la PCR (et éventuellement le séquençage) quand il y a infection dans un quartier, dans une ville, dans une région», et donc il y a perte de temps et d’efforts.
Il a indiqué que seule la PCR est la méthode la plus fiable pour établir la positivité des cas. Ce test ne permet pas seulement de dénombrer les infections, mais d’établir aussi leur dangerosité. «C’est pour cette raison qu’il faut élargir la pratique de ce moyen de contrôler la circulation des virus parmi la population», a-t-il recommandé.
Pour rappel, l’Institut Pasteur d’Alger a dénombré six cas atteints du variant britannique et 15 cas infectés par le variant nigérian. «Les phénotypes établis donnent les variants brésilien et sud-africain comme étant les mutants les plus dangereux de la gamme», a-t-il souligné. Sur ce point, Dr Yousfi a averti que les variants qui courent à travers le monde, dont le variant britannique surtout, répandu dans 80 pays qui en pâtissent, sont certes plus contagieux, plus dangereux et se transmettent plus rapidement que la souche mère. «Dieu merci, la situation épidémiologique en Algérie est rassurante», ce qui explique, selon lui, que «l’effet de ces variants est moins important dans une telle situation stable par rapport à celle vécue durant les mois passés avec des atteintes au-dessus des 1 000 cas».
Si la tendance baissière des cas de contamination avec des chiffres sous la barre des 100 cas est «une situation rassurante», le Dr Mohamed Yousfi a insisté tout de même sur la vigilance. «C’est clair, on ne peut se plaindre de cette situation, on s’en réjouit plutôt. Mais on n’est pas à l’abri tant qu’on n’a pas les doses nécessaires de vaccin pour être rassuré définitivement quant à l’état épidémiologique de la population», a souligné Dr Yousfi, pour qui il ne faut pas céder au relâchement général, menaçant et fâcheux. La vigilance reste de mise, a-t-il alerté, affirmant qu’«on n’est pas sorti encore de cette épidémie, tant qu’on n’est pas arrivé à une immunologie collective». «Une population atteinte à 60 % c’est une catastrophe, localement ou à l’échelle mondiale. Nous n’en sommes pas là, fort heureusement, par rapport à ce qu’on a vécu pendant une année de pandémie où la vaccination a traîné», a-t-il renchéri.
L. A. R.

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