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samedi 10 décembre 2022

Lotfi Benbahmed à propos du lobbying : «Nous ne sommes pas des comptoirs coloniaux où l’on déverse des produits finis»

Le ministre de l’Industrie pharmaceutique, Lotfi Benbahmed, a dénoncé une forme de chantage que voulait exercer un laboratoire étranger, sans citer son nom, qui a tenté de créer des tensions sur un produit vital comme l’insuline, assurant que le pays continuera à collaborer avec l’ensemble des laboratoires qui veulent garder des parts de marché en Algérie dans une relation gagnant-gagnant.
«Nous avons expliqué à l’ensemble des multinationales présentes dans l’industrie pharmaceutique nationale que nous avions constaté des phénomènes que nous dénonçons», a regretté le ministre. Lors de son passage sur les ondes de la Chaine 3, Benbahmed a cité les phénomènes en question : «La surfacturation des matières premières, le non-respect de certains engagements, des prix plus élevés que chez les opérateurs voisins et surtout les pratiques de certains laboratoires étrangers qui, en 20 ans de présence, n’ont pas respecté leurs engagements de production nationale». «Nous leur avons imposé de baisser leur prix de 20 %, comme c’était le cas dans de nombreux pays. Or, la facture d’importation de ce produit s’élève à quelque 400 millions de dollars, ce qui pèse lourd sur le budget de l’Etat et les caisses de la sécurité sociale», a expliqué le ministre.
Lotfi Benbahmed n’a pas manqué de dévoiler les intentions de l’Algérie dans le domaine de l’industrie pharmaceutique. «Sans entrer dans une polémique stérile, l’Etat algérien est déterminé à défendre ses intérêts et à mettre en place une politique pharmaceutique basée sur le principe du gagnant-gagnant», a-t-il indiqué.
Pour le ministre Benbahmed les choses sont claires. «Nous refusons d’être des comptoirs coloniaux, où l’on déverse des produits finis à n’importe quel prix en exerçant des lobbyings. Nous sommes des partenaires à part entière, nous voulons des produits de qualité au prix juste et des engagements dans la production nationale comme cela est fait à travers le monde», a-t-il affirmé, ajoutant qu’une nouvelle législation sera mise en place pour sanctionner «les producteurs qui n’auront pas respecté leurs engagements et ce, à travers des sanctions financières qui seront prévues par cette future législation».

L’assainissement du secteur a permis l’émergence de 31 nouvelles unités de production
L’industrie pharmaceutique nationale se tourne vers l’exportation. Son ministère annonce avoir recensé, durant l’année écoulée, la création de 31 nouvelles unités de production, qualifiant ce chiffre de «très important» dans un laps de temps très court.
De plus, le ministre a fait savoir que le secteur comptabilisait 890 distributeurs et que, dans le cadre de l’assainissement du secteur, 286 opérateurs ont reçu leurs nouveaux agréments dont une centaine d’agréments d’importation.
Par ailleurs, le ministre a annoncé le lancement, en juin prochain, d’une campagne de communication et de sensibilisation autour de la qualité des produits pharmaceutiques nationaux visant le grand public mais aussi les prescripteurs et les patients.
Concernant la disponibilité des médicaments au niveau national, Benbahmed a estimé que le manque enregistré sur certains produits est tout à fait normal, citant l’exemple de l’Union européenne qui enregistre un manque de disponibilité de plus de 200 produits.
«La liste des produits indisponibles change régulièrement, on peut dire qu’il y a un nombre constant compris entre 20 et 30 produits qui manquent régulièrement sur le marché national», fera t-il savoir, observant que certains patients cherchent parfois une marque bien précise, alors que huit génériques sont disponibles pour le même médicament.

70 laboratoires nationaux seront présents à la foire de Dakar
Par ailleurs, le ministre a indiqué que 70 laboratoires nationaux voulant exporter seront présents lors de la Foire du médicament algérien à Dakar, du 17 au 19 mai.
De plus, des accords seront signés entre les deux pays mais aussi entre les opérateurs économiques algériens et africains, a-t-il annoncé, avant d’affirmer que «Dakar est l’une des portes commerciales de l’Afrique». Selon le ministre, la volonté de l’Algérie «est non seulement d’exporter, mais surtout de créer un climat de confiance et de faire connaître notre industrie pharmaceutique».
Lors de cette manifestation, l’ensemble des plateformes de la région en Afrique de l’Ouest, notamment celles organisées au sein de l’association africaine d’achat des médicaments essentiels seront présents, a souligné Benbahmed, annonçant aussi la signature de contrats entre plusieurs opérateurs algériens et des plateformes de distribution locales.
Louisa A. R.

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