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samedi 24 février 2024

L’or noir reprend sa courbe ascendante: L’Opep+ se réunit aujourd’hui pour soutenir les prix du pétrole

La réunion de niveau ministériel de l’Opep+ s’ouvre aujourd’hui par visioconférence pour décider des niveaux de production. Sauf accord sur une coupe dans les quotas de production de pétrole requise par l’Arabie saoudite afin de soutenir les prix qui depuis fin septembre ont diminué de près de 20 %, cette réunion s’annonce pour le moins tumultueuse.

Par Lynda Naili

Annoncée initialement pour le 26 novembre en cours, La réunion de l’Opep+ a été reportée à aujourd’hui. Outre d’avoir précipité les cours du pétrole dans le rouge, selon des analystes ce report est dû à des désaccords sur les objectifs de production, notamment avec les membres africains de l’organisation comme l’Angola et le Nigeria, ce qui selon toute vraisemblance a provoqué des «dissensions au sein de l’Opep et de ses alliés». Néanmoins, si sur les marchés de l’or noir un certain calme semble revenir à la veille de cette réunion tant attendue où le baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en janvier, prenait 1,16 % à 82,63 dollars ; son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate (WTI), pour livraison le même mois, gagnait 1,30 % à 77,40 dollars, les négociations escarpées autour d’une réduction de la production n’ont toujours pas abouties selon les attentes de Ryad. Pour Christopher Waller, un des gouverneurs de la Fed, «l’agitation et le report de la réunion sont des indications potentielles de la volonté du groupe de procéder à des réductions plus importantes». De toute évidence, en cas d’absence d’un consensus sur une nouvelle réduction collective, cette réunion de l’Opep+ déboucherait sur une reconduction de la politique actuelle, affirment unanimement les analystes.
En attendant, «tous les regards sont tournés vers la réunion de l’Opep de jeudi (aujourd’hui, ndlr)», ont commenté des analystes. Et de rappeler, à ce sujet, que «pour l’Arabie saoudite, dont la production n’est déjà plus que de 9 millions de barils par jour, il est essentiel d’obtenir un soutien ferme de la part des autres membres afin de réduire encore davantage la production». Pour sa part, Matt Smith, analyste de Kpler (entreprise de Data Intelligence qui développe des solutions de transparence dans le domaine des matières premières), a indiqué que «le marché oscille entre pessimisme et optimisme avant la réunion. Le brut monte aujourd’hui, mais il pourrait tout à fait chuter demain». D’ores et déjà, Kpler prévoit une reconduite jusqu’à fin 2024, de la baisse de production saoudienne d’un million de barils par jour, débutée en juillet dernier. La raison est qu’«il faudra au moins ça pour empêcher les prix de tomber encore davantage», a estimé Matt Smith. Et même en cas de reconduction des initiatives saoudiennes, selon lui, «l’offre devrait être supérieure à la demande au premier semestre 2024». Mais, selon l’agence Bloomberg, qui a cité des délégués du groupe de producteurs de brut, jusqu’à avant-hier aucun accord n’était encore conclu entre les leaders de l’organisation et l’Angola et le Nigeria qui veulent accroître leur manne pétrolière pour 2024. Idem pour les Emirats arabes unis qui d’après Carsten Fritsch, analyste de Commerzbank, s’opposent aux nouvelles baisses réclamées par les Saoudiens, car ils avaient obtenu, en juin, un relèvement de leur quota en 2024. Selon lui, pour parvenir à un marché équilibré, d’après les estimations de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), «il faudrait une réduction additionnelle de 500 000 barils par jour».

Depuis fin septembre, les prix ont diminué de près de 20 %
Depuis fin septembre, les prix du pétrole sur les marchés ont diminué de près de 20 %, passant de presque 100 dollars le baril à environ 80 dollars. L’Arabie saoudite souhaite donc que les 13 pays membres se mettent d’accord pour une réduction de leur production, afin que les prix remontent. «Chaque pays membre est conscient de la nécessité de réduire la production pour soutenir les prix en 2024. La question est de savoir comment partager ce fardeau», a indiqué Jorge Leon, analyste chez Rystad Energy.

Léger rebond de l’or noir
Les cours du pétrole ont légèrement rebondi avant-hier sur un marché nerveux et volatil, poussés à la hausse par des spéculations autour d’une hypothétique coupe de production au niveau de l’Opep et de ses alliés qui serait éventuellement décidée durant cette réunion de l’Opep+. Ils ont aussi profité d’un repli, avant-hier, du dollar ainsi que de perturbations en mer Noire après une violente tempête.
L. N.

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