18.9 C
Alger
vendredi 23 février 2024

L’opération commence aujourd’hui à Blida: Coronavirus : c’est parti pour la vaccination !

C’est officiel, l’Algérie entame, aujourd’hui, sa campagne de vaccination contre le Covid-19, après l’arrivée, hier, de la première cargaison du vaccin russe, Spoutnik V. Geste hautement symbolique de la part des pouvoirs publics, les premières vaccinations commenceront à l’hôpital Frantz-Fanon de Blida, ville où est apparu, en mars 2020, le premier cas de coronavirus en Algérie, en présence du Premier ministre, Abdelaziz Djerad.

Par Louisa Ait Ramdane

Malgré les incertitudes qui ont plané sur le rendez-vous promis, justifiées par le fait que le vaccin russe n’avait pas encore été réceptionné, le gouvernement a tenu la promesse pour le lancement de la campagne de vaccination, ainsi que décidé par le Président Tebboune, avant la fin janvier.
Selon le ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement, Ammar Belhimer, «la campagne de vaccination sera lancée symboliquement à partir de Blida, en présence du Premier ministre, Abdelaziz Djerad». Les premières doses du vaccin seront administrées au personnel du corps médical, aux personnes âgées ou atteintes de maladies chroniques, avant d’élargir l’opération aux différentes catégories de la société, précise-t-il.
En plus du vaccin russe, il est attendu que l’Algérie reçoive un autre lot de vaccin anti-Covid-19 en provenance de la Chine et de l’Inde, ainsi que d’autres pays. L’Algérie devrait, en effet, réceptionner, en février, un autre lot du vaccin développé par le laboratoire pharmaceutique anglo-suédois AstraZeneca en collaboration avec l’Université d’Oxford.
L’Algérie n’attendait donc que la réception du vaccin, les procédures ayant été finalisées et les moyens humains et matériels sont prêts. Les contrats avec le fournisseur russe ont été signés, l’enveloppe financière dégagée (1,5 milliard de dinars pour la première opération), de même que le vaccin Spoutnik V a été enregistré au niveau de l’Agence nationale des produits pharmaceutiques dans le cadre des mesures d’urgence prises pour commencer la campagne de vaccination en janvier.
L’Algérie a également préparé l’ensemble du dispositif logistique pour la conservation et la distribution du vaccin et réservé pas moins de 8 000 structures sanitaires à travers le territoire national pour l’opération. Une formation de responsables encadreurs de la campagne de vaccination contre le Covid-19 a été lancée au courant de la semaine et sera suivie aussitôt par une autre, ces encadreurs devant, à leur tour, former d’autres personnels du secteur au niveau local. Selon le porte-parole du Comité scientifique chargé du suivi de l’évolution du coronavirus, Dr Djamel Fourar, le vaccin sera administré «obligatoirement en 2 doses pour la même personne, avec un intervalle de 21 jours». «Autrement, ce vaccin sera sans effet étant donné que chaque dose ne procure que 50 % d’immunité contre le virus», a-t-il expliqué, insistant sur l’importance que le personnel de la santé soit la première catégorie de la population à en bénéficier, suivi des différents corps de sécurité, des citoyens âgés de 65 ans et plus, puis des malades chroniques. «S’en suivra, enfin, toute la population de 18 ans et plus, les essais cliniques entrepris dans le monde n’ayant pas concerné, à ce jour, celle en-dessous de cette tranche d’âge ainsi que les femmes enceintes», a-t-il soutenu, avant d’insister sur les critères de «sécurité, d’efficacité et de la chaîne du froid», sur lesquels s’est basée l’Algérie dans ses choix de vaccins. Le Dr Fourar a tenu, dans ce contexte, à rassurer la population, soutenant que «l’Algérie a opté pour des vaccins sûrs, avec une bonne innocuité et le moins d’effets secondaires». Toutefois, «il faut aussi savoir que la campagne de vaccination durera un an ou plus», a-t-il prévenu, faisant remarquer qu’«aucun pays ne peut mener sa campagne de vaccination avec un seul vaccin». Il a estimé, à ce titre, qu’«un taux minimum de 60 à 70 % de couverture vaccinale est nécessaire pour réussir à stopper la circulation du virus».
Et de rappeler qu’en sus des vaccins importés, l’Algérie bénéficiera du dispositif Covax de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), incluant 190 pays et garantissant à ces derniers de faire vacciner, à proportions équitables, 20 % de leurs populations respectives.
Détaillant le Plan de vaccination qu’il qualifie de «flexible et modulable», Dr Fourar a assuré que «tout le monde est prêt» pour mener à bien la campagne y afférente, d’autant plus que les vaccins choisis par l’Algérie sont «traditionnels, avec le même fonctionnement que ceux auxquels elle s’est habituée car n’ayant pas subi de manipulation génétique».
De même que des équipes mobiles se déplaceront vers les zones d’ombre et enclavées du pays afin de faire bénéficier l’ensemble de la population du vaccin, a-t-il poursuivi, précisant que «toute personne vaccinée se dotera d’un carnet de vaccination, qui pourrait, à l’avenir, être exigé par certains pays lors de déplacements à l’étranger».

La Commission de la fatwa valide le vaccin
Réunie jeudi passé, la Commission interministérielle de la fatwa a validé la vaccination contre le Covid-19, indique un communiqué du ministère des Affaires religieuses et des Waqfs. La commission a mis en avant que les composants des vaccins ne présentaient pas de propriétés pouvant être «illicites» vis-à-vis de la «Chariaâ islamique». Affirmant s’être concertée avec le Comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie, elle rassure qu’«il n’y avait aucun danger sur la santé des citoyens». La commission souligne, en outre, «l’impératif de suivre les orientations des services sanitaires en Algérie, lesquels relèvent la nécessité de se faire vacciner, selon les procédures et programmes tracés, conformément aux dispositions de la Charia’a qui prône le traitement en reconnaissant l’existence d’un remède à toute maladie».

Pénurie de doses en Europe
La vaccination contre le coronavirus a commencé depuis plusieurs semaines dans certains pays. Pourtant, le déploiement de la vaccination contre le Covid-19 bute dans le monde entier sur plusieurs obstacles.
Les laboratoires Pfizer et AstraZeneca ont annoncé des livraisons moins importantes que prévu et les pays de l’Union européenne sont amenés à ralentir les rythmes de vaccination.
Le Portugal a fait savoir que sa campagne de vaccination serait plus longue que prévu et l’Allemagne a annoncé que les pénuries se feraient sentir au moins jusqu’en avril.
En France, des centres de vaccination ont vu leur date d’ouverture repoussée tandis que d’autres ont dû fermer, en raison de livraisons insuffisantes de doses de vaccin.
Le ministère de la Santé français a déclaré que Moderna livrerait en février 25 % de doses de moins que prévu et que les livraisons de Pfizer seraient fin janvier inférieures de 200 000 aux prévisions, rapporte l’agence Reuters.
L. A. R.

Article récent

--Pub--spot_img

Articles de la catégorie

- Advertisement -spot_img