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mercredi 1 février 2023

Littérature: Il y a un an nous quittait Merzak Bagtache

Son œuvre littéraire est sans conteste une bouffée d’air marin et un pan de l’histoire contemporaine de l’Algérie, son parcours cristallise la formation, le professionnalisme, la passion et la créativité de l’intellectuel algérien solidement ancré dans la culture de son pays, Merzak Bagtache aura laissé une œuvre puissante qui a marqué la littérature algérienne.
Après plusieurs nouvelles publiées dans les journaux algériens comme «Echaâb» et «El Moudjahid» et dans des revues littéraires au Moyen-Orient, Merzak Bagtache signe son premier roman, une œuvre littéraire puisée dans des souvenirs d’enfance et l’authenticité de l’identité algérienne, «Touyouroun fi al dhahira» (Des oiseaux de l’après-midi) en 1976, suivi, deux ans plus tard, par le recueil de nouvelles «Djaradou el bahr» (Les langoustes ).
Pendant plus de trente ans, il publie des recueils de nouvelles et des romans en arabe et en français comme «El Bouzat» (Les vautours), «Bakaya korsane» (Les restes d’un corsaire), «Dar Zeleidj» (La maison du zeleidj), «Al rotb wa el yabis» (Le mou et le dur), «Oughniyatou al baath oua el mawt» (La chanson de la résurrection et de la mort), ou encore «El matar yaktoubou siratah» (La pluie écrit ses mémoires).
Son inspiration, Bagtache la puisait dans ses lectures et son entourage proche. Le journaliste Hamid Tahri a évoqué dans un témoignage publié récemment, la grande passion de l’auteur pour la lecture, «depuis que son père Salah lui avait ramené de Tunis un exemplaire des Mille et une nuits». Hamid Tahri nous apprend également que son «amour pour la grande bleue», Bagtache l’a hérité «de son père et de ses trois oncles, tous navigateurs».
Merzak Bagtache se fait également le témoin de son époque avec des romans comme «Azzouz El Cabrane» (Azzouz le Caporal), sur les événements d’octobre 1988 et les changements en résultant, «Khouya Dahman» et «Dam el ghazal» (Le sang de la gazelle).
Sur ce 13 juillet 1993, Hamid Tahri, ami proche du romancier, relève que Merzak Bagtache «attendait avec ses amis d’accomplir la prière du maghreb dans son quartier de Fontaine fraîche quand des individus lui ont tiré dessus, (…) une balle lui a traversé le visage et aurait pu lui être fatale, (…) il s’en sortit miraculeusement, après 45 jours d’hospitalisation».
Tahri qui avait connu Bagtache dans les salles de rédaction de l’APS, souligne que Merzak était «journaliste et membre du Conseil consultatif national que le défunt Président Boudiaf avait mis en place pour pallier le vide de l’Assemblée nationale (…) deux fonctions qui suffisaient pour le mettre dans l’œil du cyclone».
Même quelques jours après sa disparition le 2 janvier 2021 dans sa ville d’Alger qu’il affectionnait tant, Merzak Bagtache continue de faire parler de lui dans champ littéraire avec la parution à titre posthume de son roman «Quarto», une énième immersion dans l’histoire de l’Algérie et de la période coloniale, vécue par une famille algérienne entre les villages de Kabylie et La Casbah d’Alger.
Né en 1945 à Alger, Merzak Bagtache a entamé sa carrière journalistique en 1962 à l’APS puis dans de nombreux journaux algériens, il était «romancier journaliste, artiste peintre, traducteur et musicien à ses heures perdues» et a laissé à la littérature une œuvre ancrée dans la culture algérienne, dans sa ville natale d’Alger et qui exaltait l’air marin.
En mars 2017, Merzak Bagtache s’était vu décerner la médaille de l’Ordre du mérite national au rang de «Djadir».
Racim C.

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