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samedi 13 août 2022

Libye, un pas en avant deux pas en arrière:

Si la première conférence de Berlin avait pour objectif d’énoncer les grands principes sur la base desquels la Libye devait être restaurée dans son unité territoriale et politique, la deuxième du même nom, tenue le 23 juin dernier, était destinée pour sa part à impulser le processus en cours tout en gardant le cap sur les élections générales du 24 décembre prochain. La feuille de route tracée par le Forum du dialogue libyen en février dernier à Genève, sous l’égide de la Manul, la mission onusienne pour la Libye, a été reconduite sans le moindre changement à cette occasion, qui a vu en particulier les Etats-Unis prendre une part plus active dans le dossier libyen. Berlin 2 n’a pas déçu par rapport à Berlin 1, ne serait-ce que parce que la vingtaine de pays et d’organisations intéressés y ont renouvelé leur attachement à la démarche arrêtée lors de la première conférence. On aurait dû pourtant prêter une plus grande attention au fait qu’une réunion organisée à l’effet de réaffirmer la nécessité de tenir à leur date des élections ait néanmoins laissé pendante la condition préalable qui y présidait au premier chef : le départ des forces étrangères et des mercenaires présents aujourd’hui en Libye, qu’on estime à 20 mille. Sans doute l’accent a-t-il été mis une fois de plus sur la nécessité de leur départ, mais cela ne rendait que plus urgent de fixer un délai à celui-ci.

Ce qui n’a pas été fait, et qui du reste ne pouvait pas l’être, en premier lieu parce que la Turquie a objecté que ses soldats présents à Tripoli n’entraient pour leur part ni dans la catégorie de forces étrangères ni dans celle de mercenaires, de sorte qu’ils avaient vocation à rester. En laissant cette question en suspens, Berlin 2 compromettait le succès du processus enclenché par Berlin 1. La condition nécessaire, encore que non suffisante, pour la tenue des élections venant en couronnement de l’entreprise, est en effet le départ des forces étrangères ainsi que celui des mercenaires. A contrario, aussi longtemps qu’il y aura un soldat régulier ou un mercenaire étranger présent sur le sol libyen, cela voudra dire que la Libye est occupée, qu’elle n’est pas de ce fait en capacité de se prendre en charge. La réunion des 75 membres du Forum du dialogue libyen à Genève, dans la foulée de Berlin 2, en vue de s’entendre sur la base constitutionnelle des élections du 24 décembre, était dans ces conditions condamnée à l’échec. La Manul, qui l’a convoquée, puis qui l’a prolongée d’une journée pour la forcer à accoucher d’un résultat, n’a même pas réussi à faire en sorte que les débats s’en tiennent à l’ordre du jour. Il s’en est trouvé pour regretter l’absence de Stephanie Williams, la précédente cheffe par intérim de la Manul, disant qu’elle n’aurait pas toléré quant à elle pareille sortie de la voie tracée par la feuille de route. Comme il s’en est trouvé parmi les participants pour préconiser l’abandon pur et simple de l’élection présidentielle pour ne conserver que celle des députés, ce qui implique le prolongement du mandat du gouvernement d’unité nationale de Abdelhamid Dbeibah, c’est sur ce dernier que les soupçons se sont d’abord portés pour lui imputer l’échec. C’était compter sans la réaction immédiate de ce celui-ci, qui procède aussitôt à l’installation de la commission électorale, tout en faisant savoir que la date des élections est maintenue.

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