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mardi 26 octobre 2021

Libye : le compte à rebours a commencé

A maintenant moins de trois mois d’une échéance électorale conçue tout à la fois pour les sortir de leur crise et les faire entrer de plain-pied dans une nouvelle ère de leur histoire, la Libye et les Libyens ne donnent pas le sentiment, à ceux qui les observent de près comme de loin, de se consacrer en entier de toutes leurs forces à sa tenue et partant à sa réussite. Il y a encore peu, le comité dit des 5+5 en charge des questions militaires, s’est réuni trois jours durant à Genève sous l’égide de l’ONU, ce qui sur le moment pouvait sembler un bon signe. Mais au bout du compte la réunion n’a débouché sur aucun accord portant sur son ordre du jour, qui est le départ des forces étrangères, que celles-ci soient régulières et donc amies avec l’une ou l’autre faction libyenne, ou irrégulières et donc mercenaires, ce qui dans ce cas n’incite personne à les revendiquer. Les participants se sont séparés en lançant un appel à la communauté internationale afin qu’elle continue d’apporter son aide à leur pays. On attendait d’eux qu’ils annoncent le départ des forces étrangères, et même dans un délai rapproché, vu qu’il ne restait plus beaucoup de temps d’ici au 24 décembre, la date inchangée à ce jour de la présidentielle et des législatives convenues, et c’est aux pays intéressés au plus haut point par le sort de la Libye qu’ils demandaient de rester sur la brèche, de ne pas se laisser gagner par le découragement devant le spectacle renouvelé de leur mésentente.

Au fond, le seul accord qui tienne depuis son adoption en octobre 2020, c’est celui qui a trait à l’arrêt des hostilités. Encore faut-il préciser : si le cessez-le-feu lui n’a pas été violé, il n’est pas rare en revanche que des affrontements éclatent à l’intérieur de chaque camp, plus fréquemment d’ailleurs à Tripoli que dans les villes relevant de Tobrouk, les derniers de ces affrontements dans Tripoli remontant à quelques jours seulement. A moins d’une miraculeuse accélération des préparatifs, il y a tout lieu de croire que les élections du 24 décembre n’auront pas lieu. Il ne se passe désormais plus de jour sans que cela s’affirme davantage. S’il s’en trouve néanmoins pour y croire encore, le fait est qu’ils se font discrets. Ils ne cherchent en tout cas pas à convaincre à leur point de vue ceux qui ont le plus grand mal à voir la Libye retrouver tout prochainement son unité politique et sa place dans le monde. Un autre élément mérite peut-être d’être pris en considération : l’Allemagne étant pour l’heure en phase de transition, suite aux dernières élections, le dossier libyen s’en trouve pour ainsi dire en déshérence. Il l’est d’autant plus que le nouveau chef de la Manul, la Mission d’appui de l’ONU en Libye, Jan Kubis, ne fait pas montre d’une activité débordante, à la différence de celle qui l’avait précédé au poste, bien que ce fût pour sa part à titre intérimaire, l’américaine Stephanie Williams. Enfin, il ne faut jamais perdre de vue que le règlement de la crise libyenne dépend aussi, pour ne pas dire essentiellement, des négociations en cours entre les deux pays les plus engagés aux côtés des factions libyennes rivales : la Turquie et l’Egypte. Si ces négociations étaient sur le point d’aboutir sur l’ensemble des sujets de désaccord entre ces deux Etats de la région, alors oui, on aurait de bonnes raisons de penser que cela serait du meilleur effet sur la Libye, déchirée entre eux deux, même s’il n’y parait pas toujours. Il y aurait des chances pour que les élections libyennes se tiennent à leur date malgré tout. Mais tel n’est pas le cas.

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