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samedi 24 février 2024

Libre-échange: L’accord UE-Mercosur une nouvelle fois repoussé

Le sommet du Mercosur prévu le 7 décembre est annulé. Ce nouvel échec témoigne de la difficulté pour l’Union européenne de signer des accords de ce type avec des pays éloignés des standards communautaires.

Par Salima K.

Ce ne sera pas pour cette fois-ci. L’accord commercial entre l’Union européenne et le Mercosur (Brésil, Argentine, Paraguay, Uruguay), qui devait être scellé cette semaine, a connu ces derniers jours un nouveau coup de frein. En cause, les élections en Argentine, où le nouveau président, Javier Milei, sera investi le 10 décembre. «Compte tenu de la transition en Argentine, nous confions le sujet au nouveau gouvernement, qui a indiqué vouloir un accord», a déclaré le porte-parole du ministère brésilien des Affaires étrangères, dont le pays préside actuellement le Mercosur.
Ni la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, ni le vice-président exécutif, Valdis Dombrovskis, ne se rendront à Rio cette semaine. La Commission avait accéléré les négociations ces dernières semaines, pensant pouvoir conclure à l’occasion du sommet des dirigeants du Mercosur, prévu le 7 décembre, soit avant l’arrivée au pouvoir de Javier Milei. Le Brésil a, au contraire, choisi de ne pas mettre celui-ci devant le fait accompli. «Dossier à suivre… On était proche, pourtant», a réagi la Commission.

Un accord jamais ratifié
Conclu en 2019 après vingt ans de négociations complexes, cet accord commercial n’a jamais été ratifié en raison notamment des préoccupations européennes sur les politiques environnementales. En dépit des quelques aménagements envisagés, l’accord suscite toujours d’énormes réticences, notamment en Pologne et en France. «Je ne peux pas demander à nos agriculteurs et à nos industriels, en France et partout ailleurs en Europe, de faire des efforts de décarbonation, tout en supprimant d’un coup tous les droits de douane pour faire entrer des marchandises qui ne sont pas soumises à ces règles», justifiait, samedi, Emmanuel Macron.
Comme la majorité des pays de l’UE, l’Allemagne défendait au contraire bec et ongles cet accord et voulait aller vite. Une rencontre, prévue de longue date, doit se tenir à Berlin entre le président Lula et le chancelier Scholz.
S. K.

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