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vendredi 7 octobre 2022

Liberté

S’il y a bien une notion sur laquelle les démocraties occidentales s’appuient pour vanter leur modèle de civilisation, c’est la liberté. Pourtant, depuis une année cette notion a été bien mise à mal alors que la plupart des pays européens, les pays de l’Océanie et les pays d’Amérique du Nord, ont adopté des mesures très restrictives des libertés de leurs peuples. Parmi ceux-là, l’Allemagne, qui a depuis mars 2020 multiplier les mesures pour réduire les libertés de déplacements et de rassemblements de ses citoyens. Et si les Allemands sont connus pour leur discipline, ils ont de plus en plus de mal à accepter les mesures qui leurs sont imposées. Après avoir évoqué un confinement de cinq jours à Pâques pour lutter contre une situation sanitaire inquiétante liée au Covid-19, la chancelière allemande a d’ailleurs préféré rétropédaler face aux critiques de son propre gouvernement. Angela Merkel a reconnu avoir fait «une erreur» en voulant durcir, pour le long week-end de Pâques, les règles sanitaires anti-Covid en Allemagne. La chancelière a confirmé l’abandon de ce projet qui avait provoqué des critiques de toutes parts. «Une erreur doit être appelée une erreur et, plus important encore, elle doit être corrigée et si possible à temps», a-t-elle déclaré lors d’une allocution, à l’issue d’une réunion d’urgence avec les dirigeants des États-régions allemands. «Je sais que cette proposition a provoqué une incertitude supplémentaire, je le regrette profondément et pour cela je demande pardon à tous les citoyens», a-t-elle ajouté. Cette idée d’un verrouillage pour cinq jours à Pâques avait été pensée avec «les meilleures intentions», selon elle, dans le but de «ralentir et inverser la troisième vague de la pandémie», mais elle «n’était pas réalisable dans un court laps de temps». Au terme de plus de douze heures de discussions, Angela Merkel et les représentants des 16 Länder avaient décidé, la semaine dernière, d’instaurer ce dispositif prévoyant de fermer jusqu’aux supermarchés et de limiter l’accès aux églises. Il était envisagé de rendre férié le jeudi 1er avril. Or, une telle décision prise en urgence laissait beaucoup trop de questions ouvertes, notamment concernant «la poursuite du paiement des salaires» et l’organisation au sein des entreprises, a affirmé Angela Merkel. Ce dispositif, présenté comme une «pause» par la chancelière, était critiqué jusqu’au sein du gouvernement. Le ministre de l’Intérieur, Horst Seehofer, a ainsi exprimé son «étonnement» que le parti chrétien-démocrate au pouvoir sacrifie les messes pascales sur l’autel de la lutte anti-Covid. Les organisations professionnelles craignaient, elles, les répercussions de la fermeture des commerces, après des mois de restrictions aux conséquences économiques importantes. Reste que le mea culpa de Merkel signe peut-être le début d’un changement timide de politique, alors même que la population allemande continue de se faire vacciner. Reste à voir combien de temps l’Allemagne et les autres pays de l’Occident accepteront cette situation qui marque une rupture fondamentale avec le principe essentiel de la démocratie moderne, la liberté.

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