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jeudi 25 avril 2024

Libérer les otages pour le salut d’Israël

Le fait que l’administration Biden affiche son désaccord avec Israël, et plus particulièrement avec son Premier ministre Benyamin Netanyahou, sur la conduite de la guerre, que pour sa part elle estime d’une brutalité excessive, ne l’empêche pas de faire en sorte que l’armée israélienne ait tout ce qu’il faut pour poursuivre ses opérations implacables contre Ghaza et sa population en grande partie déplacée et menacée de famine. C’est ainsi qu’elle vient de décider d’un nouvel envoi d’armes et de bombes, comme si tout à coup Israël en manquait et qu’il faille lui en fournir en urgence, de peur que d’attaquant il devient l’attaqué et soit contraint du même coup de battre en retraite. Il n’y a pas de doute à avoir là-dessus, si les Américains veillent tant à ce que la puissance de feu israélienne ne faiblisse pas, c’est parce que le souvenir de la débâcle du 7 octobre est resté vivace dans leur esprit. Ayant perdu la foi en l’invincibilité d’Israël, ils ne se contentent plus de l’armer, ils entendent désormais le maintenir dans un état permanent de surarmement. C’est cette même administration qui croit encore pouvoir jouer de son influence sur la scène régionale pour obtenir une trêve, non pas d’ailleurs pour atténuer un tant soit peu les souffrances des habitants de Ghaza, en butte à une entreprise génocidaire qualifiée, mais pour sauver les otages israéliens.

Les deux alliés sont d’accord pour penser que la guerre doit se poursuivre jusqu’à la réalisation de ces deux objectifs : libération des otages et élimination de la résistance palestinienne. S’il y a divergence entre eux, c’est juste sur ce qu’il faut accomplir en premier, est-ce éliminer le Hamas, ou est-ce libérer les otages. Ils ne diffèreraient sur rien si les deux objectifs se réalisaient obligatoirement dans le même temps ; s’il était possible à la fois de détruire le Hamas, comme se détruit Ghaza, et de récupérer les otages. La négociation s’est imposée justement parce que ces deux objectifs ne sont pas atteignables dans un seul et même élan. Il faut négocier d’abord, sont d’avis les Américains et une moitié des Israéliens, puisque c’est la seule voie possible menant à la libération des otages, et ensuite seulement, s’appliquer à éliminer le Hamas, quitte pour cela à retourner le sol de Ghaza, et à courir le risque d’être accusé de génocide par la Cour internationale de justice. Non disent les
autres, ce n’est pas là la bonne méthode, il faut au contraire commencer par éliminer le Hamas, et la libération des otages viendra par surcroît, comme une espèce de conséquence inéluctable. Tels sont les termes du débat qui se déroule depuis plusieurs semaines maintenant entre les deux alliés, aussi bien d’ailleurs qu’entre Israéliens, au sein du gouvernement comme à celui de l’opinion. Mais il ne se trouve personne dans cette double sphère pour penser qu’il est possible de libérer les otages sans devoir pour cela en finir avec le Hamas. Un récent sondage en Israël montre que 71 % des Israéliens sont dès à présent pour une véritable guerre avec le Liban. Ils sont sûrement plus nombreux ceux qui sont pour la poursuite de la guerre à Ghaza jusqu’à la victoire complète. L’administration Biden et le pouvoir en Israël ne visent pas seulement à gagner cette guerre, mais à faire en sorte qu’il n’y ait jamais un autre 7 octobre. A moins de cela, la guerre est pour eux perdue. Si le Hamas n’est pas éliminé, c’est le début de la fin pour Israël.

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