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samedi 3 décembre 2022

L’extrême droite triomphe aux élections générales italiennes

Avec la victoire électorale en Italie, ce dimanche, de l’alliance de droite et d’extrême droite, victoire en quelque sorte aggravée par le fait que la prédominance en est revenue à cette dernière composante, incarnée par les Frères d’Italie de Georgia Meloni, l’Union européenne se voit gratifier d’un souci supplémentaire, elle qui déjà n’en manque pas, la guerre en Ukraine n’étant pas le moindre. Ce qui n’a pas pu se produire en France, lors de la présidentielle d’abord, ensuite aux législatives, c’est-à-dire la victoire d’un parti souverainiste, vient donc d’avoir lieu en Italie, la troisième plus grande économie du continent, et néanmoins pays fondateur de l’Union. Bien que le temps soit passé où les partis d’extrême droite aient pour programme de quitter l’Union, et d’abandonner sa monnaie unique, ils n’en continuent pas moins d’être idéologiquement incompatibles avec elle sur des questions à forte charge symbolique. L’extrême droite européenne a aujourd’hui un exemple respecté, une référence obligée, sinon un chef obéi : Viktor Orban, Premier ministre hongrois, en poste sans interruption depuis 2010, 12 années consécutives donc de pouvoir, sans compter un premier passage à la tête du gouvernement de 1998 à 2002, au total une longévité d’exception sur le continent.

Il n’y a aucune chance que Georgia Meloni, qui revendique la victoire, les résultats officiels n’étant pas encore disponibles, toutefois ce que personne ne lui conteste, conserve le pouvoir aussi longtemps. Au regard de l’instabilité gouvernementale caractéristique de l’Italie, ce serait déjà un exploit pour elle de conserver le pouvoir tout au long d’un premier mandat. Elle n’est pas encore appelée par le président italien à former le gouvernement qu’on se demande déjà en effet combien de temps elle pourra rester à sa tête, une fois qu’elle l’aura mis sur pied, ce qui déjà en soi n’est jamais simple. Or cette arrivée de l’extrême droite au pouvoir en Italie survient à un moment bien particulier, celui du retour de la guerre en Europe. En d’autres temps, un gouvernement Meloni aurait été attendu en premier lieu, et en lien avec l’actualité, sur l’un ou l’autre cheval de bataille de l’extrême droite, comme l’immigration ou la bureaucratie bruxelloise. La guerre en Ukraine, la question des sanctions contre la Russie, de leurs contrecoups sur les économies européennes, celle des armes qu’il faut ou non continuer d’envoyer en Ukraine, sont en réalité les sujets brûlants du moment, ceux qui peuvent défaire une alliance, même une venant juste de triompher. Il se trouve que les trois partis de l’alliance victorieuse ne sont pas tout à fait sur les mêmes positions quant à ces pierres de touche. Forza Italia de Silvio Berlusconi, et la Ligue de Matteo Salvini ne sont pas aussi antirusses que l’exige l’air du temps en Europe, alors que les Frères d’Italie, pourtant plus souverainistes et identitaires, tout en se déclarant atlantistes reprennent à leur compte la politique des sanctions. Ces dissonances n’ayant pas empêché l’alliance de ces trois formations de se nouer, il faut croire que pour ces partis l’essentiel est ailleurs, dans les questions de politique interne. Elles ne manqueront pas de l’affaiblir cependant, si les conséquences de la guerre, dont la pénurie en matière d’énergie n’est pas la moins pressante, se font durement sentir, une éventualité qui tend à s’affirmer.

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