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samedi 4 décembre 2021

Les USA et d’autres pays puisent dans leurs réserves stratégiques: Offensive anti-Opep pour faire baisser les prix du pétrole

Les Etats-Unis relâchent une partie de leurs réserves stratégiques de pétrole pour faire baisser les prix. D’autres pays dont la Chine, l’Inde, le Japon et le Royaume-Uni feront de même. Une action coordonnée inédite des grands pays consommateurs, qui cible l’Opep et la Russie.

Par Meriem Benchaouia

La première puissance économique mondiale va pour sa part mettre sur le marché 50 millions de barils de pétrole, a annoncé, mardi soir, la Maison-Blanche. En augmentant l’offre, les États-Unis et les autres États espèrent faire mécaniquement baisser les cours. Cette opération se fait en parallèle avec d’autres États gros consommateurs d’or noir, en particulier la Chine, l’Inde, le Japon, la Corée du Sud ou encore le Royaume-Uni, selon la Maison-Blanche. Un haut responsable de l’administration américaine a assuré qu’une telle coordination était une première. La flambée des prix à la pompe aux États-Unis, très gros consommateurs d’essence, pose un problème politique majeur au Président Joe Biden. Ses tentatives de faire pression sur les pays producteurs, notamment l’Arabie saoudite, pour qu’ils augmentent leur offre n’ont jusqu’ici pas réussi. Puiser dans les réserves est une «majeure qui va faire la différence», a assuré le président. «Les prix de l’essence à la pompe sont trop hauts à l’heure actuelle (…) mais on va tourner la page au début de 2022», a promis sa secrétaire à l’Energie, Jennifer Granholm, à la Maison-Blanche. La rumeur courrait depuis plusieurs semaines, et a été confirmée mardi : les Etats-Unis vont relâcher dans les mois qui viennent 50 millions de barils de brut, puisés dans leurs réserves stratégiques, pour faire pression sur les prix à la pompe. La porte-parole de la Maison Blanche, Jen Psaki, a pris garde de ne pas s’engager sur les volumes puisés par chaque nation, indiquant seulement que des «conversations» avaient eu lieu avec ces pays et que certains avaient déjà libéré des réserves. La Maison-Blanche espère, par ces mesures exceptionnelles, apaiser la tension sur les prix de l’essence, alors que le prix du gallon (3,78 litres) a grimpé de 60 % en un an aux Etats-Unis, pour atteindre 3,41 dollars, selon l’Association automobile AAA. Malgré les appels du pied répétés de la Maison-Blanche aux pays de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) pour qu’ils augmentent leur production – ce qui ferait baisser les cours –, ceux-ci s’en tiennent à leur programme de restauration prudente et progressive. «Si les prix du brut ont augmenté, c’est parce que les pays producteurs ont été chiches sur leur production», reproche John Kilduff d’Again Capital. Pour l’analyste du marché pétrolier de Rystad energy, Bjornar Tonhaugen, l’initiative pourrait être vue «comme un geste agressif vis-à-vis de l’Opep+». «Le groupe des pays producteurs pourrait alors en théorie couper dans sa production en janvier pour maintenir ses profits», a-t-il suggéré.

Le Brent proche des 82 dollars
Les prix du pétrole cédaient un peu de terrain hier, alors que les annonces de libération de stocks stratégiques de brut se multiplient chez les principaux pays consommateurs, les Etats-Unis et la Chine en tête. Le prix du baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en janvier cédait 0,40 %, à 81,98 dollars. A New York, le baril de West Texas Intermediate (WTI) pour le même mois perdait 0,28 % à 78,28 dollars. Le Brent et le WTI ont respectivement grimpé de 3,27 % et 2,22 % la veille, un mouvement paradoxal après l’annonce par la Maison-Blanche d’un relâchement de 50 millions de barils de brut dans le but de faire baisser les prix. La Chine a annoncé hier qu’elle allait, elle aussi, puiser dans ses réserves de pétrole afin de faire baisser les cours. Pékin n’a cependant pas précisé quand ces prélèvements auraient lieu ni quelle quantité de pétrole le gouvernement envisageait de mettre sur le marché. Avec l’Inde, la Corée du Sud et le Royaume-Uni, le total injecté sur le marché serait de l’ordre de 65 à 70 millions de barils, estime Helima Croft, analyste. Les investisseurs surveillent également de près l’état des stocks commerciaux aux Etats-Unis. Selon la fédération des entreprises pétrolières aux Etats-Unis, l’American Petroleum Institute (API), ceux de brut ont augmenté de 2,3 millions de barils la semaine dernière. Les investisseurs attendent désormais la publication des données de l’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA), jugées plus fiables.

M. B.

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