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vendredi 12 août 2022

Les syndicats dénoncent et appellent à des solutions «efficaces» / Covid : les écoles, de vrais nids de contamination

L’augmentation des cas de contamination commence vraiment à se faire ressentir dans les différents établissements scolaires du pays. Les syndicats de l’Education, les parents d’élèves et les enseignants, alertent et exigent une «efficace» et «sérieuse» prise en charge de ce problème.

Par Thinhinane Khouchi

Le coronavirus gagne du terrain parmi les élèves des différents établissements scolaires du pays. Les classes sont à moitié vides et les enseignants sont de plus en plus touchés par la pandémie. Selon plusieurs spécialistes en pédiatrie, «une forte croissance d’infection au coronavirus chez les enfants est constatée durant cette vague, contrairement aux vagues précédentes». Pour les syndicats de l’Education nationale, «les écoles et les élèves sont plus que jamais menacés. C’est pourquoi il faut prendre des mesures sérieuses et efficaces pour stopper la propagation de la pandémie dans les écoles». Contacté par téléphone, le porte-parole du Conseil national autonome du personnel enseignant du secteur ternaire de l’éducation (Cnapeste), Messaoud Boudiba, a tenu à signaler l’augmentation rapide des cas de contamination dans les établissements scolaires au niveau national. Soulignant «l’absence quasi totale de protocoles de prévention sanitaire», Boudiba a indiqué que «les établissements scolaires n’ont ni appareil de vérification de la température des élèves et des enseignants, ni gel, ni équipe médicale, ni même la distanciation physique». Il a dénoncé, à ce propos, «l’absence de recrutement et de nouveaux postes budgétaires». «L’intégration dans certains établissements de groupes dépassant les 35 élèves dans une même classe, complique le respect de la distanciation physique», a-t-il signalé. En outre, le syndicaliste a déploré «l’absence d’une stratégie nationale pour faire face à l’épidémie dans le milieu scolaire». «Les écoles sont dans le flou total, la contamination est tellement rapide qu’il est impossible d’avoir les chiffres exacts du nombre d’élèves et d’enseignants touchés», a-t-il souligné. Notre interlocuteur nous a confié que «ni les enseignants, ni même les directeurs n’arrivent à cerner cette crise sanitaire et ne peuvent prendre la décision de fermer leurs établissements ou de renvoyer les élèves chez eux». Concernant la possibilité de fermer les établissements scolaires pour stopper la pandémie, le porte-parole du Conseil national autonome du personnel enseignant du secteur ternaire de l’éducation s’est dit contre, car «on a fermé les écoles pendant plus de 20 jours, soit trois semaines de vacances, mais malheureusement on n’a rien fait pour préparer une reprise sécurisée». Il ajoutera : «Je demande plutôt l’instauration de solutions sérieuses et efficaces dans nos établissements scolaire, ce qui malheureusement tarde a se faire». De son côté, Khaled Ahmed, président de l’Association des parents d’élèves, a indiqué que «c’est un sérieux problème, les cas ne cessent d’augmenter et les parents sont inquiets…». Pour cause, «l’association a reçu plusieurs plaintes de la part des parents d’élèves, dénonçant le laisser-aller dans les écoles, notamment dans les écoles primaires». Il a également dénoncé l’absence de protocoles de prévention sanitaire. Idem pour Boudjamaa Chihoub, porte-parole de l’Organisation algérienne des professeurs de l’éducation (AOPF), qui a souligné par téléphone que «si les cas ne sont pas aussi graves que ceux enregistrés durant les récentes vagues de contamination, la propagation du Covid dans le milieu scolaire est réelle et inquiétante». Selon lui, «la principale cause de cette augmentation est due à l’absence de protocole de prévention, mais surtout l’absence d’une culture sociale de prévention». S’expliquant à ce sujet, Chihoub a déploré le fait que «les parents de certains élèves envoient leurs enfants à l’école malgré leur contamination et ne le signalent même pas aux enseignants». Enfin, plusieurs enseignants signalent l’augmentation d’absences sans justification dans leurs classes. Selon Anis, enseignant au primaire, «six de mes élèves se sont absentés cinq jours et ont repris sans justification valable. Pis, ils disent tous la même chose, qu’ils avaient un membre de leur famille malade… Mais jamais la contamination par le Covid ne sera avancée comme principale cause de leur absence».

T. K.

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