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vendredi 1 juillet 2022

Les parents d’élèves dénoncent les châtiments corporels et moraux: L’école algérienne devient un véritable nid de violence

Le phénomène de la violence verbale et physique en milieu scolaire prend de plus en plus d’ampleur. Nombre de parents dénoncent sur les réseaux sociaux la violence faite à leurs enfants et insistent sur la nécessité de prendre des mesures «urgentes» pour lutter contre ce fait. Il est à noter que la loi interdit formellement les châtiments corporels (et sévices moraux) et de porter atteinte à des élèves en milieu scolaire.

Par Thinhinene Khouchi

Bien que loi interdit fortement de porter atteinte à un enfant en milieu scolaire, des élèves, notamment au niveau des écoles primaires privées ou publiques, subissent quotidiennement des violences verbales et même physiques, soit de la part de leur enseignant ou du personnel administratif. L’ampleur de ce phénomène semble découler de l’absence de réaction des responsables, qui se contentent de dire que la violence en milieu scolaire dépasse l’école et découle de la passivité de la société civile. De leur côté, sur les réseaux sociaux, les parents d’élèves dénoncent cette pratique «illégale» qui a pris de l’ampleur, soulignant la nécessité de prendre des mesures «urgentes» pour lutter contre ce fait et appellent à recadrer ces enseignants violents. Pour Malika, maman d’un garçon scolarisé dans une école primaire située à Zeralda, «le professeur de mon fils les frappe, les insulte et leur interdit de nous raconter ce qui se passe en classe. Ce n’est qu’après plusieurs tentatives que mon fils a fini par me dire ce que sa maîtresse lui fait subir, à lui et à ses camarades». Sur ce même registre, une mère de famille a partagé sur la page Facebook d’un groupe de parents d’élèves qu’«il y a des institutrices du primaire qui ordonnent à leurs élèves de ne rien répéter à leurs parents de ce qui se passe en classe». «L’enseignante de mon fils tape ses élèves (d’après le directeur de l’école ce sont juste des tapettes !!!), en plus de mots indignes». Cette maman se demande : «Ceci dit, si un jour mon enfant se fait agresser n’importe où, notamment en classe, il ne pourra pas me le dire de peur de subir le châtiment de sa maîtresse ! C’est très grave». Cette maman explique alors qu’«en la confrontant devant les responsables de l’école, j’ai été choquée de voir la réaction d’une enseignante, retraitée de l’enseignement, me traiter de mère sévère qui a transformé son fils en espion dans la classe et que je ne dois pas savoir ce qui se passe à l’école…». Sami, un enfant de 9 ans, a été tabassé par son enseignant devant tous ses camarades de classe parce qu’il n’a pas su répondre à une question ! «Son tablier déchiré de tous les côtés témoigne de la brutalité de l’enseignant», nous dira sa maman, ajoutant : «Je crois que la majorité des enseignants ignore le fait que la violence contre les élèves en milieu scolaire est interdite par la loi, c’est pour cela que ce phénomène persiste». En effet, il est à noter que la loi interdit formellement de porter atteinte à des élèves en milieu scolaire. L’article 21 de la loi n° 08-04 du 23 janvier 2008 portant loi d’orientation sur l’éducation nationale qui interdit expressément toute violence physique ou symbolique stipule : «Les châtiments corporels, les sévices moraux et toutes formes de brimades sont interdits dans les établissements scolaires. Les contrevenants aux dispositions du présent article s’exposent à des sanctions administratives, sans préjudice des poursuites judiciaires». L’article 6 de la loi n° 15-12 du 15 juillet 2015 relative à la protection de l’enfant énonce clairement le rôle de l’Etat dans la protection de l’enfant. «L’Etat garantit la protection de l’enfant contre toutes formes de préjudice, de négligence, de violence, de mauvais traitement, d’exploitation ou de toute atteinte physique, morale ou sexuelle. A cet effet, il prend toutes les mesures appropriées pour l’en prémunir, réunit les conditions nécessaires à son épanouissement, sa sauvegarde, la protection de sa vie et lui assure une éducation intègre et sûre dans un environnement sain et propre, et à protéger ses droits dans les situations d’urgence, de catastrophes, de guerres et de conflits armés. L’Etat veille à ce que l’information destinée à l’enfant, par tous les moyens, ne porte pas atteinte à son équilibre physique et mental». La protection de l’Etat est ainsi conforme, en ce point, à l’article 19 de la Convention internationale des droits de l’enfant (Cide). Même la définition juridique de l’enfant dans cette loi est conforme à celle de la Cide : toute personne n’ayant pas atteint dix-huit ans entre dans cette catégorie.
T. K.

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