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mardi 20 février 2024

Les Etats-Unis franchiront-ils le Rubicon ?

Donald Trump est censé se présenter mardi prochain au tribunal de Manhattan à New York, où il s’entendra signifier les charges retenues contre lui, et s’il est ou non en état d’arrestation, auquel cas, quelle caution il devra payer pour s’épargner la prison. L’usage veut que par la même occasion on prenne ses empreintes digitales, et une photo de lui pour l’identité judiciaire. Il est prévu que tout cela aura lieu derrière des portes closes, et qu’il ne sera pas menotté. Les journaux ayant rapporté ces détails disent les tenir des avocats mêmes de Trump, qui les auront convenus avec l’autorité concernée. Ce qu’il faut en retenir, c’est que Trump ne sera pas présenté aux médias pour être mitraillé de flashs, photographié sous toutes les coutures, filmé peut-être en direct par les caméras des chaînes de télévision, livré en temps réel au mépris universel dans un sinistre «perp walk» que les journaux démocrates lui promettent avec hargne depuis quelque temps déjà. En réalité, rien de ce que l’on sait sur la façon dont cette mise en accusation se déroulera n’est officiel, ni les avocats de Trump ni un quelconque représentant du procureur de Manhattan Alvin Bragg, sur qui se concentre l’ire des républicains, n’ayant fait la moindre déclaration sur le sujet. De sorte que jusqu’à la dernière minute il faut douter que l’événement se passe comme il est dit.

Il peut même ne pas se produire du tout. Si Trump n’a pas reçu toutes les garanties que sa dignité sera sauve, le plus probable est qu’il ne se livrera pas en temps et lieu. Il restera chez lui à Mar-a-Lago en Floride, sachant que le gouverneur de l’Etat, Ron DeSantis, a déjà fait savoir qu’il n’aiderait d’aucune façon à son arrestation, si un mandat en ce sens est émis à son encontre. La Floride est républicaine, mais New York démocrate. Trump est en sûreté dans tous les Etats républicains. Il est en revanche sous la menace d’extradition dans tous les Etats démocrates. S’il y a un doute à cet égard, c’est dans les «Swing states», les Etats sans identité politique bien définie. Ils sont moins d’une dizaine à être dans cette situation. Ce sont eux les faiseurs de roi. Les Etats-Unis sont un pays pour l’essentiel divisé en deux. A la veille de la guerre civile ils étaient divisés en Etats esclavagistes et Etats abolitionnistes. C’est une élection présidentielle, celle d’Abraham Lincoln en 1861, qui avait déclenché la guerre de Sécession. A nouveau une élection présidentielle peut provoquer le pire. Celle de 2024, venant après deux autres âprement disputées, et une violation du Capitole au moment de la proclamation des résultats de la deuxième, a tout ce qu’il faut pour en accoucher d’une. Or le processus pouvant y conduire est enclenché. Est-il réversible, ne l’est-il déjà
plus ? La question en tout cas se pose. Y répondre est une autre affaire, car jusqu’à la dernière minute chaque nouveau événement compte, car tous sont importants, sauf que l’on ne saura qu’après coup lequel a été déterminant. Peut-être celui-là a-t-il déjà eu lieu, sans qu’on s’en soit vraiment rendu compte. Le procureur démocrate d’un Etat démocrate intente un procès à un ex-président des Etats-Unis, une première dans l’histoire du pays, lequel président comme par hasard est le candidat favori des républicains à la prochaine présidentielle, lequel a même lancé sa campagne électorale. Jamais sa famille politique, faisant bloc derrière lui, ne croira qu’il n’est pas victime d’une persécution politique.

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