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mardi 16 août 2022

Les espaces forestiers constituent 60 % de la superficie incendiée: Près de 62 000 hectares de forêts partis en fumée

La Direction générale des forêts fait le bilan des incendies qui ont ravagé le pays. Au moins 62 000 hectares de végétations ont été décimés par plus de 1 000 foyers d’incendie déclenchés dans 35 wilayas du pays depuis le début de l’été, notamment à Tizi-Ouzou qui, à elle seule, est à près de 30 000 hectares brûlés, dans 42 communes touchées.

Par Louisa Ait Ramdane

Plusieurs régions du pays ont fait face à des incendies causant des pertes en vies humaines et d’importants dégâts matériels. Plus de 60 000 hectares ont été ravagés par les feux en moins d’une semaine. La wilaya la plus touchée, Tizi-Ouzou, aurait initialement enregistré 66 incendies au niveau de 42 communes, indique la directrice de la protection de la faune et de la flore à la DGF, Ilhem Kabouya, qui relève que «les espaces forestiers constituent près de 60 % de la superficie incendiée». «C’est une perte indéniable très difficile à se régénérer», a déploré la responsable. «Ce qui s’est passé est inédit et j’espère qu’il n’y aura pas d’autres épisodes similaires», a-t-elle constaté. Après le recensement des dégâts, la DGF devra lancer un plan d’urgence pour stabiliser les sols avant l’arrivée des pluies, a indiqué la spécialiste, évoquant en premier lieu un plan d’action qui est l’assainissement. «Nous devons absolument essayer de programmer des actions d’assainissement avant les pluies pour éviter tous les problèmes d’érosion, de lessivage de la matière organique et stabiliser le sol. Une urgence pour l’instant. Le reboisement et la plantation viendront par la suite», a précisé Ilhem Kabouya.
Invité de la rédaction de la Chaîne 3 de la Radio nationale, la responsable de la DGF a expliqué que dans le cas des incendies de forêt, le reboisement ne peut intervenir juste après l’extinction des feux. Selon elle, il ne pourra pas se faire immédiatement. «Il faudra attendre au moins vingt ans pour la régénération de ces forêts», a prévenu l’experte.
«Nous devons attendre et voir comment va se régénérer cette forêt, d’où l’importance du plan d’assainissement qui va tout mettre en œuvre pour permettre à la forêt de se reconstituer naturellement. S’il y a plantation, il faut la programmer en 2022 ou 2023, dans les sites où il n’y aura pas eu régénération», a-t-elle expliqué. «Nous sommes en train
d’identifier les sites concernés et les espèces choisies», dira Ilhem Kabouya qui a invité à contacter les Conservations des forêts à partir du mois de septembre.
Pour conclure, la directrice de la protection de la faune et de la flore à la DGF a révélé qu’un groupe de travail composé d’experts, chercheurs, conservateurs des forêts, juristes, etc. travaille actuellement sur un décret portant élaboration d’un plan général sur la prévention du risque des incendies de forêt. Le texte portera sur toutes les actions à mener à titre préventif, de lutte ou post incendie, pour déterminer le rôle des collectivités locales, de la Protection civile,… dans la lutte contre les feux de forêt. «Ce texte sera là pour une question d’efficacité dans le cadre de la lutte et la prévention du risque des incendies», a expliqué l’intervenante, car, a-t-elle souligné, «actuellement, il y a un empiétement des prérogatives des uns et des autres».
L. A. R.

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