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samedi 25 juin 2022

Les deux priorités de Joe Biden

On pouvait s’imaginer qu’au jour d’aujourd’hui le président américain, eu égard au rôle de chef de file qu’il y joue, n’a vraiment qu’une seule priorité : la guerre en Ukraine, qui dès à présent a tout pour se développer en une troisième guerre mondiale. On pouvait tout au début croire ou espérer que relativement à ce péril majeur, sa priorité était de tout essayer pour qu’il ne se produise pas justement, pour le conjurer, non pas de chercher par tous les moyens à le transformer en une défaite stratégique de la Russie. En fait, il n’a pas fallu longtemps avant de comprendre que sa priorité n’était pas tant d’arrêter la guerre que de se saisir de l’opportunité qu’elle représente pour régler une bonne fois pour toutes son compte à Vladimir Poutine. Le président d’un pays qui ne produit que des armes et du pétrole, comme il aimait à dire, ne devrait pas se poser en rival au chef de la Maison-Blanche. Or voilà qu’on s’aperçoit qu’en fait la Russie produit au moins quelque chose d’autre : du blé, et en des quantités assez importantes pour que si celles-ci venaient à manquer, il pourrait en résulter de la famine ailleurs dans le monde. Biden s’est mis à parler de la guerre comme si elle était l’apanage d’une personne en particulier. Il ne la nomme plus que comme la «guerre de Poutine».

Il lui est même arrivé avant-hier dans un discours sur l’inflation, l’autre guerre qui s’est imposée à lui, de dire : «L’invasion de Poutine». A l’entendre, ce ne sont pas des pays, dont le sien, qui s’affrontent pour l’heure pour des motifs géopolitiques, mais le caprice, ou la folie d’un homme qui est à l’origine des malheurs actuels du monde. S’il plaisait à cet homme, la guerre cesserait sur-le-champ. Bien qu’il ait commencé dans ses «Remarques sur l’inflation», faites mardi, par dire que celle-ci est apparue avant l’«invasion de Poutine», que c’est la pandémie qui à vrai dire en est la cause première, dans le fil de son propos il s’est oublié à l’attribuer en entier à Poutine. La pandémie, en perturbant les chaînes d’approvisionnement, lui aurait donné le coup d’envoi, mais c’est «Poutine» qui l’aurait généralisée, en provoquant une pénurie de pétrole. De la guerre et de l’inflation, les deux priorités de Biden, on peut se demander laquelle est pour lui la toute première. Qu’aimerait-il voir en premier et dans l’immédiat s’il avait le choix : la guerre se terminer ou l’inflation retomber ? Cette question est légitime. Si la guerre se prolongeait, ce ne serait pas sans qu’il y soit pour quelque chose. Ce serait la preuve que les armes que son administration envoie en Ukraine sont bien arrivées à leurs destinataires et qu’elles sont efficaces. A partir d’un certain nombre de mois, ce serait même pour lui l’assurance qu’il est en train de la gagner cette guerre. Déjà que les Russes sont d’après lui en train de la perdre. Mais si par contre l’inflation se prolongeait, ce serait tout à fait contre sa volonté. Cette guerre-là, il serait en train de la perdre. S’il doit la remporter, c’est d’ici aux élections de mi-mandat de novembre prochain. Il pourrait ne servir à rien de parvenir ensuite à faire reculer l’inflation. La victoire à ces élections, décisives pour le reste de son mandat, et peut-être pour l’avenir de sa famille politique, dépend de la guerre contre l’inflation, non pas de la guerre en Ukraine.

 

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