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Alger
mardi 28 juin 2022

L’envolée des prix persiste à quelques jours de l’Aïd: Marché des fruits et légumes : de mal en pis

A quelques jours de l’Aïd-el-Fitr, le marché des fruits et légumes ne connaît toujours pas de baisse de la «température». Pis, dans différents marchés de la capitale, la mercuriale poursuit son envol.
Sans surprise, les Algériens terminent le mois de ramadhan comme ils l’ont commencé. En dépit des assurances du département du Commerce, les prix des produits de première nécessité, notamment agricoles, n’ont pas fléchi au cours de la dernière semaine du mois sacré. A l’approche de cette fête, les commerçants s’en donnent à cœur joie et mettent, comme chaque année et à la même période, leurs affiches aux prix forts. Une situation qui indispose les citoyens, impuissants devant ce diktat imposé par certains commerçants et qui met en évidence les carences de régulation du marché. Parce que cette envolée soudaine ne peut avoir d’autre explication que l’âpreté du gain à laquelle nous ont habitués les vendeurs en pareilles occasions. Si certaines personnes qualifient cette flambée de «normale» à la veille de chaque événement religieux, ils sont nombreux à avoir accusé les «vendeurs véreux» qui n’ont en fin de compte qu’un seul souci : le gain rapide et facile. La hausse des prix des produits alimentaires de première nécessité est devenue une situation banale à laquelle s’attendent et se résignent les Algériens. Une simple virée dans les quelques marchés de la capitale nous a permis de confirmer de visu que les prix de certains produits ont pratiquement doublé, en dépit de leur abondance. Ce sont les produits les plus consommés en cet évènement qui ont connu une hausse vertigineuse. À l’instar de la courgette, cédée à 180 DA, le navet à 150 DA, la tomate entre 100 et 120 DA, le haricot vert à 350 DA, le citron entre 300 et 400 DA, la carotte à 100 DA, la laitue entre 160 et 180 DA. La pomme est entre 110 et 130 DA, les poivrons à 180 DA et l’oignon entre 70 et 80 DA. Pour ce qui est des fruits, les prix ont également augmenté, notamment les fraises cédées entre 250 et 300 DA, les oranges à 150 DA et la banane jusqu’à 400 DA. C’est du moins ce que nous avons constaté, hier, lors d’une virée dans certains marchés de la capitale. Les petites bourses notamment souffrent le martyre quotidiennement pour espérer faire quelques emplettes. «Nous traversons une période difficile avec toutes les dépenses du mois de ramadhan, et maintenant l’Aïd el Fitr. Nous devons en plus faire face à une flambée des prix», s’écrie un client. La majorité de la population ne trouve pas d’explication à ce phénomène qui généralement fait son apparition à l’approche de chaque fête, qu’elle soit religieuse ou nationale. «Tel que voulu par nos traditions, à chaque occasion qui se présente, nous préparons un festin et ce, sans trop réfléchir à la dépense qu’il engendre», nous dira un citoyen qui se dit habitué à ce genre de «pic» des prix, d’autant que l’Aïd el Fitr est proche. Il poursuit : «Cette réalité constitue, malheureusement, une opportunité pour les marchands malhonnêtes qui comptent augmenter, à l’occasion de ces fêtes, leurs chiffres d’affaires». Il est vrai que les pères de famille à moyen et petit revenu se retrouvent, face à cette flambée, incapables de satisfaire les besoins de leurs petites familles, notamment en ce qui concerne les aliments à grande consommation. «On n’arrive plus à répondre à nos besoins. Nous sommes lynchés de partout», à déploré, hier, un père de famille au marché Nelson de Bab El Oued. Marchands de fruits et légumes, détaillants ou grossistes, commerçants, agriculteurs, chacun défend sa position à sa manière, afin de convaincre les citoyens de la justesse des prix. Interrogé sur les causes de cette flambée injustifiée des prix des fruits et légumes, un marchand exerçant à Zéralda a évoqué l’absence de contrôle de la part des pouvoirs publics, que ce soit dans les marchés de gros ou de détail. Dans leurs explications sur la hausse des prix, certains marchands mettent en exergue le fait qu’«ils souffrent de l’intervention des spéculateurs et des intermédiaires qui les obligent à acquérir leur marchandise à un prix fixé après entente avec les grossistes». Les citoyens ne savent plus à quel saint se vouer, affirmant ne pas pouvoir joindre les deux bouts, et les autorités semblent incapables de réguler le marché des fruits et légumes, laissant le consommateur livré à la seule loi ultralibérale de l’offre et de la demande.
Meriem Benchaouia

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