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lundi 3 octobre 2022

Légitime

Si Emmanuel Macron ne participe à la campagne présidentielle en cours que très modérément, préférant garder le plus possible son vernis de chef de l’État et des Armées, ses adversaires eux n’hésitent toutefois pas à l’attaquer continuellement, tentant de déstabiliser celui qui continu à dominer les sondages pour le premier tour de la présidentielle qui se tiendra dans moins de dix jours. Que cela soit à gauche ou à droite l’on fait feu de tout bois contre Macron qui semble sur la bonne voie pour remporter un second mandat à l’Élysée. Toutefois, comme dans toute élection, certains faits divers s’immiscent dans la campagne et imposent certaines thématiques. Ainsi, depuis quelques jours, Emmanuel Macron est ciblé par ses opposants de droite pour ses propos « contre la légitime défense ». Le président sortant ayant estimé en déplacement jeudi que c’est « le devoir de la puissance publique » d’assurer la sécurité de chacun. Une phrase qui a rapidement été reprise par ses adversaires. En déplacement jeudi en Charente-Maritime, Emmanuel Macron est revenu sur un récent fait divers ayant conduit un agriculteur à être mis en examen pour meurtre, après avoir tiré mortellement sur un cambrioleur entré par effraction à son domicile. Selon des propos rapportés par Europe 1, le candidat a déclaré : « Chacun doit avoir la sécurité et c’est le devoir de la puissance publique de l’assurer. » Et ajouté : « Mais, je suis opposé à la légitime défense. Donc ça, c’est très clair et c’est intraitable parce que sinon, ça devient le Far West. Et je ne veux pas d’un pays où prolifèrent les armes et où l’on considère que c’est aux citoyens de se défendre. » Une sortie loin d’être appréciée par ses concurrents de droite. « Mauvaise réaction d’Emmanuel Macron au meurtre d’un cambrioleur. Ce n’est pas à la légitime défense qu’il faut s’opposer, c’est un droit de tout citoyen, mais à la généralisation de l’autodéfense », a ainsi réagi Valérie Pécresse, sur les réseaux sociaux. « Je veux la défense excusable », a également assuré Éric Zemmour dans des visuels diffusés sur Twitter pour s’opposer à la déclaration du président candidat. De son côté, Marine Le Pen a réclamé à son adversaire de « rectifier son propos ». « Tout le monde est contre l’autodéfense mais le président ne peut pas s’opposer à la légitime défense qui est parfaitement légale. Ce propos est grave », a-t-elle affirmé. Sur France 2 jeudi soir, la candidate s’est également dite « extrêmement choquée » par ces propos. « C’est un des fondements de notre droit », a-t-elle martelé. Reste à voir si cette question de la légitime défense aura à dix jours du scrutin un potentiel perturbateur, certains électeurs de Macron pouvant être choqué par la radicalité de la position de leur candidat, ou si à dix jours du vote les jeux sont déjà faits, la plupart des électeurs ayant déjà fait leur choix parmi le panel de candidats à prétendre à l’investiture suprême.

 

 

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