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mardi 3 août 2021

Législatives du 12 juin : nationalistes vs islamistes (3)

Le FLN qui se présente aux élections du 12 juin n’est pas au meilleur de sa forme, pas du tout en possession de tous ses moyens, c’est le moins que l’on puisse dire. Deux de ses anciens secrétaires généraux sont en prison, pour des affaires liées à la corruption, et son numéro 1 actuel a vu sa candidature rejetée par l’autorité électorale indépendante. Ce qui évidemment n’arrange rien, ni pour lui personnellement ni pour sa formation, à plus forte raison si près d’une échéance majeure. Il serait difficile d’imaginer pour un parti quel qu’il soit une conjoncture aussi peu propice à une campagne électorale, et moins encore à une victoire. Certes le FLN peut toujours s’en consoler en se disant que son frère ennemi, le RND, est lui aussi dans une situation peu reluisante, si bien que s’il doit perdre sa position dominante à l’Assemblée, ce ne serait probablement pas à son profit. Mais cela ne serait pas pour lui apporter un afflux de forces, ce serait plutôt pour lui en prendre dans celles qui lui restent, s’il lui en reste. Dans l’état de délabrement qui est le sien aujourd’hui, personne n’a l’air de penser qu’il pourrait malgré tout faire bonne figure le 12 juin, et moins encore remporter la partie. On ne devrait pourtant pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué.

Ce n’est pas la première fois qu’on aurait donné un vil prix pour sa peau pour le voir ensuite la garder dans son intégralité sur lui. Au cours de ces dernières décennies, en effet, le FLN s’est trouvé en grand péril plus d’une fois. En comparaison de ce à quoi il a pu déjà échapper, il est même douteux que les difficultés d’aujourd’hui soient les plus grandes. Depuis l’indépendance, sa légitimité a été mise en cause, depuis l’extérieur du pouvoir bien sûr, mais parfois aussi de l’intérieur. S’il est une musique qui a toujours résonné à ses oreilles, plus ou moins fort selon les circonstances, y compris du temps où il était parti unique, c’est celle qui l’accusait d’usurper un titre revenant de droit à toute la nation. La dernière fois où il a été sommé de le rendre est toute récente. La réalité, c’est qu’il est en sursis depuis si longtemps qu’il s’en est fait une raison de vivre, un mode de vie, ou plutôt de survie. Aujourd’hui cependant, tout n’est pas encore perdu pour lui, du moment que la partie ne s’est pas encore jouée. Par trois fois déjà il a connu le goût amer de la défaite, et à chaque fois il s’est relevé, miraculeusement il est vrai. Il a perdu les élections par deux fois devant l’ex-Fis, aux locales de 1990, les premières élections pluralistes de l’Algérie indépendante, défaite particulièrement cuisante de ce fait, puis à des législatives une année plus tard. Il n’en mourra pas. Il perdra une troisième fois, aux législatives de 1997, devant le RND, mais dans des circonstances tellement troubles qu’il en est sorti ragaillardi. Mais ce ne sont pas ces défaites qui ont représenté le plus grand danger pour lui. Le plus grand péril, il l’a forgé de ses propres mains en s’engageant dans le Contrat de Rome, ce qui a achevé de convaincre le pouvoir de l’époque de se passer désormais de ses services, ce qu’il a aussitôt commencé par faire en lui donnant un rival appelé le RND. Sans la démission de Liamine Zeroual, et son remplacement à la tête de l’Etat par Abdelaziz Bouteflika, il n’existerait pas aujourd’hui. Le RND n’a pas été créé, d’ailleurs en puisant largement dans ses rangs, pour exister à côté de lui, pour rivaliser avec lui dans la mouvance nationaliste, mais bel et bien pour se substituer à lui. C’est le président Bouteflika, qui d’abord en s’en réclamant, puis ensuite en acceptant d’être porté à sa tête, qui à ce moment le sauvait d’une mort programmée.

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