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dimanche 18 avril 2021

L’économiste Kaoubi appelle à dépénaliser l’acte de gestion «qui paralyse l’administration»: La croissance économique recule pour la quatrième année, avant même le coronavirus

La situation économique et sociale se caractérise par un inquiétant immobilisme, la machine productive est à l’arrêt, la croissance recule pour la quatrième année consécutive pour atteindre des taux négatifs, les gestionnaires et les ordonnateurs sont tétanisés par une peur qui bloque l’investissement. C’est le constat alarmant qu’à dressé, hier, l’analyste économique Mahfoudh Kaoubi sur les ondes de la Radio nationale. Il a estimé que la reprise de l’investissement est «le seul moyen qui permettra de redémarrer la machine économique». Invité de la rédaction de la Chaîne 3, l’analyste économique recommande, dans ce sillage, des mesures d’urgence consistant à «relancer l’investissement public par la réalisation du budget d’équipements adopté par la loi de finances 2021 afin de maintenir un certain niveau de croissance et, par conséquent, maintenir en survie les entreprises». Le spécialiste en économie a insisté, également, sur la dépénalisation de l’acte de gestion qui paralyse, a-t-il dit, l’administration et les banques «depuis plus de deux ans». La dépénalisation de l’acte de gestion est devenu, selon lui, «un justificatif systématique de la non prise de décision et du blocage». «En plus des outils dépassés et de l’inefficacité manifeste, la peur paralyse la sphère institutionnelle et administrative», a-t-il précisé. Il a cité, à titre d’exemple, le gel des demandes de financement au niveau des banques publiques. L’analyste économique Mahfoudh Kaoubi a plaidé pour des «mesures courageuses» afin de relancer la machine économie et à l’institution d’un fonds pour venir en aide aux entreprises en difficulté. Pour maintenir en vie les entreprises fortement impactées par la crise sanitaire, le spécialiste a indiqué que la solution réside dans la création d’un fonds d’aide à ces entreprises affectées. Cet instrument financier, a-t-il dit, participera sans doute à atténuer la charge des dépenses de ces entreprises. «La loi de finances 2021 ne contient aucune disposition d’aide pour les entreprises», a-t-il indiqué. Pour illustrer l’importance de sauvegarder les entreprises, l’invité de la radio a relevé que beaucoup d’autres pays ont été plus agressifs sur la question en accordant des crédits bonifiés et un rééchelonnement des dettes à des entreprises affectées par la crise sanitaire. Par contre, a-t-il regretté, dans notre pays rien n’a été fait sur le terrain concernant le volet financier. «Personnellement, je m’attendais à un processus de rééchelonnement des dettes des entreprises privées, principalement comme celui qui a été accordé en 2011-2012. Mais malheureusement, rien n’a été fait dans ce sens. Pas de mesures concrètes sur le terrain», a-t-il regretté.
Louisa Ait Ramdane

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