12.9 C
Alger
mercredi 1 février 2023

Le sommet historique de Riyad

Ces trois derniers jours se sont tenus à Riyad l’un à la suite de l’autre trois sommets, le premier réunissant le pays hôte l’Arabie saoudite à la Chine, représentée par son président Xi Jinping, le deuxième entre les pays du Golfe et la Chine, et le troisième entre la Chine et la Ligue arabe, pour l’heure présidée par l’Algérie. Un seul de ces sommets aurait suffi à faire l’actualité, eu égard à la conjoncture mondiale, marquée autant par le retour de la guerre en Europe que par la crise énergétique qui d’ailleurs touche particulièrement ce continent. Or les trois pris ensemble n’ont guère retenu l’attention des grands médias occidentaux, s’ils ont en revanche bénéficié d’une large couverture des médias arabes et chinois. La plus importante de ces réunions, la troisième, moins d’ailleurs pour ses résultats concrets immédiats que pour sa valeur symbolique, est une première dans l’histoire sino-arabe, dont les relations pourtant remontent loin dans le passé. Le représentant de l’Algérie, le Premier ministre Aymen Benabderrahmane, n’a pas manqué de relever que celles de l’Algérie avec la Chine ont commencé avant l’indépendance de cette dernière. Pour les Algériens, les pays leur ayant apporté leur soutien pendant la guerre d’indépendance, où qu’ils se trouvent dans le monde, ont toujours occupé une place à part dans leur estime.

Ils ne manquent jamais une occasion de le rappeler. Ils préfèreront toujours ces pays aux autres dans leurs échanges économiques. On peut penser qu’il en est de même des autres pays, arabes ou pas d’ailleurs. Or le discours du Premier ministre Benabderrahmane n’a, du moins dans sa substance, différé en rien de ceux des autres participants au sommet – à s’en tenir du moins à plusieurs de ceux qui ont été diffusés en direct par les deux grandes chaînes arabes, al-Jazira et al-Arabia, qui ont consacré beaucoup de temps à l’événement. Le fait est qu’on aura rarement vu les Arabes partager une même opinion positive envers un pays étranger. Tous se sont reconnus dans le projet initié par la Chine, dit des nouvelles Routes de la soie, appelé aussi la «Ceinture et la Route», auquel qui plus est, ils accordent une même valeur stratégique que la Chine. Ils ne sont pas les seuls dans ce cas, il s’en faut, puisque déjà plus de soixante de pays à travers le monde, dont des pays européens, ont déjà annoncé qu’ils s’y inscrivent. S’agissant des pays arabes, cet engagement aux côtés de la Chine est d’autant plus évident que celle-ci est d’ores et déjà pour chacun d’entre eux le premier partenaire commercial. Dans le fait, ils sont déjà parties prenantes de la stratégie mondiale de développement lancée par la Chine, la première économique au monde, comme chacun a pu le constater dans le cours de la pandémie. Quand la Chine ferme l’une ou l’autre de ses régions ou villes, conformément à sa politique de Zéro Covid, qu’elle vient de revoir à la baisse, c’est la récession au niveau mondial qui est au rendez-vous ; et quand elle rouvre, c’est le contraire, c’est l’activité qui partout repart. Aucune autre économie au monde n’a cet impact, ni celle des Etats-Unis ni celle de l’Europe dans son ensemble. On peut donc dire que les pays arabes n’ont fait que se rendre à l’évidence en contractant une alliance stratégique avec la Chine, qui de son côté a besoin d’eux et qui en plus les respecte.

Article récent

--Pub--spot_img

Articles de la catégorie

- Advertisement -spot_img