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mercredi 28 février 2024

Le projet de loi de Finances 2024 à l’APN / Laaziz Faid : «La préservation du pouvoir d’achat parmi les plus importantes mesures»

Préserver le pouvoir d’achat des citoyens, soutenir l’investissement et l’économie nationale, élargir l’assiette fiscale et mobiliser les ressources, facilités fiscales, simplification et harmonisation des procédures et conformité fiscale et lutte contre la fraude et l’évasion fiscales, telles sont les mesures les plus importantes du projet de loi de finances pour l’année 2024, présenté hier en plénière par Laaziz Faid, ministre des Finances, devant l’Assemblée populaire nationale.

Par Lynda Naili 
Devant les députés, évoquant «un contexte international et régional caractérisé par un état d’anticipation spécifiquement lié à l’évolution du conflit russo-ukrainien, auquel s’ajoutent les pressions inflationnistes observées dans la plupart des économies mondiales», le ministre des Finances a indiqué que «l’élaboration du projet de loi de finances 2024 intervient dans un contexte national favorable, au cours duquel l’économie algérienne a fait preuve de flexibilité face aux chocs successifs de la crise sanitaire puis du conflit russo-ukrainien, à travers une amélioration des indicateurs macroéconomiques et budgétaires». Ces indicateurs, poursuivra-t-il, montrent une «poursuite croissance économique, soutenue notamment par l’activité du secteur hors hydrocarbures,
l’amélioration des recettes d’exportation, la réalisation d’un excédent de la balance des paiements, l’accumulation de réserves de change et la réduction du déficit budgétaire».
Néanmoins, a-t-il fait remarqué, «les tensions géopolitiques persistantes qui affectent les prix mondiaux des matières premières, notamment des produits alimentaires, dont les prix ne cessent d’augmenter, nécessitent encore une intervention accrue de l’Etat». «Ce qui, dira-t-il, affecte négativement le pouvoir
d’achat des familles, les soldes des comptes et le budget de l’Etat».En outre, afin d’améliorer les recettes de l’Etat, les mesures fiscales proposées dans le cadre de la préparation du projet de loi de finances 2024 visent à atteindre les objectifs que sont l’élargissement de l’assiette fiscale, la mobilisation des ressources, la lutte contre la fraude et l’évasion fiscales et la simplification des procédures dans le cadre de la poursuite de l’amélioration du climat des affaires et des réformes fiscales. En matière de dépenses publiques, le ministre dira que «les directives d’encadrement budgétaire préconisent des mesures de rationalisation et d’amélioration de la qualité et de l’efficacité des dépenses publiques, qui seront renforcées avec la poursuite de la réforme budgétaire, la modernisation des systèmes publics et la poursuite de l’exécution budgétaire et des marchés publics». En outre, ajoutera-t-il, les pouvoirs publics appellent également à prendre des mesures pour renforcer la rigueur et la transparence budgétaires, améliorer la qualité des documents budgétaires. Dans ce contexte, les orientations budgétaires à moyen terme 2024-2026 visent la maîtrise des dépenses de personnel, la rationalisation des dépenses des administrations et à lutter contre le gaspillage sous toutes ses formes, la nécessité de sélectionner des projets d’investissement public, en privilégiant les investissements productifs et les secteurs sociaux prioritaires. Et enfin, concernant les dépenses de transfert, il s’agira, expliquera le ministre, «de rationaliser les dépenses des établissements publics sous tutelle, notamment en réglementant les conditions d’éligibilité des établissements publics aux subventions du budget de l’Etat et les conditions d’octroi, en établissant une situation des recouvrements des taxes parafiscales pour l’année 2024». Quant aux prévisions des agrégats macroéconomiques et des budgets, il dira qu’elles s’appuieront sur l’adoption du prix de marché du baril de pétrole brut à 70 dollars sur la période 2024-2026. Pour les dépenses publiques étalées sur 2024, 2025 et 2026, elles s’élèveront respectivement à 15,275 milliards DA, 15,900 milliards DA et 15,705 milliards DA. En ce qui concerne la croissance économique, Faid indiquera qu’il est prévu que l’activité économique, tirée par la performance de tous les secteurs, croîtra à un taux de 4,2 % en 2024, 3,9 % en 2025 et 4,0 % en 2026. Quant au commerce extérieur, il fera savoir que «les exportations de marchandises atteindront 49,8 milliards dollars en 2024, contre 55 milliards dollars dans les prévisions de clôture de 2023, et enregistreront une légère augmentation dans les années 2025 et 2026 pour atteindre 50,3 milliards dollars et 51,6 milliards dollars». Il estimera  que sur la base de l’évolution des exportations et importations de biens, la balance commerciale enregistrera un excédent entre les années 2024 et 2026, pour atteindre 3,6 milliards dollars en 2024, puis 2,9 milliards dollars, et 4,2 milliards dollars en 2025 et 2026. Pour ce qui est de l’évolution du Trésor public durant la période 2024-2026, les recettes budgétaires atteindront 9 105,3 milliards DA en 2024, et entre les années 2025 et 2026 elles atteindront une augmentation modérée, de l’ordre de 4,2 %, soit 9 537,2 milliards DA et 9 881,9 milliards DA. Tandis que la fiscalité pétrolière, elle, diminuera de 8,9 % en 2024 par rapport à 2023, passant de 3 856,3 milliards DA en 2023 à 3512,3 milliards DA en 2024, puis 3 520,9 milliards DA en 2025 et 3 563,3 milliards DA en 2026. Pour les recettes hors hydrocarbures, elles passeront de 5 593,0 milliards DA en 2024 à 6 016,3 milliards DA en 2025 et 6 318,6 milliards DA en 2026.
L. N.

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