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lundi 27 juin 2022

Le président de l’Association nationale des condamnés à mort, Mostefa Boudina : La génération d’aujourd’hui doit consolider la communication avec celle de la Révolution

Le président de l’Association nationale des condamnés à mort, Mostefa Boudina, a appelé, dimanche à Sétif, la génération d’aujourd’hui à consolider la communication avec la génération de la Révolution et tirer des leçons de ses sacrifices qui ont permis le recouvrement de la souveraineté nationale.

Par Adel N.
Intervenant lors de la première rencontre nationale sur «Les condamnés à mort durant la Révolution libératrice», organisée à l’université Sétif-2, M. Boudina a estimé que la génération de novembre a puisé les valeurs de la liberté et du militantisme de la génération qui l’avait précédé et qui avait semé et enraciné en elle l’amour de la patrie depuis leur jeune âge. Cette génération, a-t-il ajouté, «a affronté des massacres horribles en demeurant constante et en utilisant le peu de moyens disponibles pour défendre la patrie et recouvrer la souveraineté».
Il a, en outre, invité les jeunes d’aujourd’hui à exploiter les grands moyens à leur disposition, à unir leurs rangs, faire montre de loyauté envers la patrie, découvrir l’histoire de la Révolution et transmettre le message des chouhada aux générations montantes.
De son côté, Sofiane Loucif, du département d’histoire de l’université Sétif-2, a relevé que la question des condamnés à mort «soulève une multitude de questions et de problématiques, car elle rappelle l’histoire de la terreur coloniale à travers la pratique de la torture, les procès et les exécutions sommaires».
Condamné à mort le 19 juin 1957 alors qu’il n’avait que 21 ans, Souassi Seghir de la wilaya de Sétif a raconté à l’assistance, composée d’un grand nombre d’étudiants, la terreur que vivaient les condamnés à mort pour lesquels chaque nouvelle aube signifiait mort et peur.
Il a également évoqué avec émotion les sévices indescriptibles qu’il avait subis en prison, affirmant que «nous avions de la force pour supporter cette peur et cette terreur qui avait étonné nos tortionnaires», assurant avoir été présent à l’exécution par guillotine de 20 compagnons d’armes.
Pour sa part, la moudjahida El Khamessa Attaout, condamnée à mort, a évoqué les tortures horribles qu’elle avait endurées lors de son interrogatoire à propos des moudjahidine avec qui elle a participé à des attaques dans la ville de Sétif. Elle a précisé que sa peine de mort avait été ramenée à la prison à vie, puis à 10 ans de prison, pour être finalement réduite à deux ans de prison durant lesquels elle a connu toutes formes de torture.
Cette rencontre, de deux jours, réunit des chercheurs de 15 universités dont celles de Sétif, M’sila, El Oued, Tipasa et Constantine, selon les organisateurs.
L’objectif de la rencontre est de recueillir des témoignages oraux et documentés de condamnés à mort et favoriser l’écriture de l’histoire nationale par la multiplication des manifestations scientifiques, a indiqué le vice-recteur de l’université Sétif-2, Boutalbi Bendjedou.
A. N.

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