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mercredi 29 juin 2022

Le Pr Nibouche appelle à revoir le système de santé en Algérie / Maladies cardio-vasculaires : 44 % des décès causés par l’infarctus

Les maladies cardio-vasculaires demeurent la première cause de décès en Algérie. C’est lors de son passage, hier, sur les ondes de la Radio nationale, que le Pr Djamel-Eddine Nibouche a encore une fois mis l’accent sur les dégâts que continuent d’occasionner les maladies cardiaques dans notre pays où, selon des études scientifiques, 44 % des décès en Algérie sont causés par l’infarctus du myocarde.

Par Meriem Benchaouia

Si ces maladies, qui tuent plus que le cancer et beaucoup d’autres affections, continuent à être la première cause de la mortalité, paradoxalement, cela se passe presque dans le silence, puisque ce «phénomène» ne bénéficie pas d’opérations de médiatisation et de sensibilisation, comparativement, par exemple, aux fléaux de la drogue ou des accidents de la route dont les dégâts humains sont beaucoup moins importants. A cet effet, le chef de service de cardiologie à l’hôpital Nafissa-Hamoud d’Alger a tiré la sonnette d’alarme et appelle à l’élaboration d’une véritable stratégie de lutte contre cette maladie. Le spécialiste recommande l’implication de tous les secteurs et surtout «un consensus national» pour établir un plan applicable sur le terrain. Bien que les causes de cette maladie soient les mêmes partout dans le monde, le Pr Nibouche a estimé qu’«il ne suffit pas de copier des stratégies appliquées ailleurs pour réussir». Selon lui, l’Algérie a besoin d’une stratégie répondant à notre réalité. Selon le chef de service cardiologie de l’établissement hospitalier Nefissa-Hamoud, cette stratégie doit s’appuyer sur la prévention contre les causes de ce problème de santé, la mise en place d’un plan de prise en charge nationale et par la création de structures spécialisées répondant aux spécifiés de chaque wilaya. Convaincu que la lutte contre l’infarctus du myocarde dépend d’une démarche globale, le cardiologue a insisté sur la nécessité d’application de la nouvelle loi sur la santé dans le but de réorganiser le système de santé en Algérie. Dans ce sens, des spécialistes avaient appelé à la nécessité de renforcer la formation et de numériser l’opération ainsi que le recours aux bureaux d’admission en vue d’aider les décideurs à améliorer la situation sanitaire, faisant observer que de nombreux médecins ne remplissent qu’une partie du certificat de décès. L’Institut national de santé publique a formé près de 6 000 médecins sur l’établissement, en bonne et due forme, des certificats de décès qui peuvent être servis dans la classification des principales maladies qui causent le décès à travers le pays. Concernant la prise en charge des cardiopathies, notamment l’infarctus, les intervenants ont mis l’accent sur la nécessité de former les médecins généralistes (30 000 au secteur public et
11 000 au privé) sur la manière de prescrire les premières doses de médicaments notamment dans les régions qui manquent de médecins spécialistes. Ils ont également annoncé le lancement d’une application créée par la Société algérienne de cardiologie en vue d’organiser cette prise en charge entre les 14 services de cardiologie des établissements hospitalo-universitaires et les centres de base.

M. B.

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