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Alger
vendredi 9 décembre 2022

Le pays étant dans la zone la plus sèche au monde: Le manque d’eau «n’est pas passager» en Algérie…

Au moment où il estime que «le recours au dessalement de l’eau de mer et la création de l’agence nationale, décidée par le Conseil des ministres, est une solution rassurante», le membre du haut Conseil scientifique et professeur à l’Ecole supérieure d’agronomie, Brahim Mouhouche, a indiqué que «le manque d’eau n’est pas passager, parce que l’Algérie se retrouve dans la zone la plus sèche au monde».

Par Thinhinane Khouchi

L’Algérie est classée parmi les pays les plus déficitaires en eau. De par son appartenance à la zone géographique du «Middle-Est and North Africa (MENA)» et la quasi-totalité de son territoire (87 %) classé en zone désertique, sa pluviométrie moyenne annuelle varie de 1 600 mm dans l’extrême nord-est à 12 mm à l’extrême sud-ouest. Néanmoins, la pluviométrie moyenne du territoire, toutes zones confondues, n’est que de l’ordre de 89 mm. Intervenant, hier, sur les ondes de la Radio nationale, le membre du haut Conseil scientifique et professeur à l’Ecole supérieure d’agronomie, Brahim Mouhouche, a indiqué que «le manque d’eau n’est pas passager, parce que l’Algérie se retrouve dans la zone la plus sèche au monde». Par ailleurs, l’invité de la Chaîne 3 a estimé que «le recours au dessalement de l’eau de mer et la création de l’Agence nationale décidée par le Conseil des ministres, est une solution rassurante», citant, à ce propos, l’exemple de l’Arabie saoudite qui a réussi grâce à cette technique à assurer sa sécurité hydrique. Il a également affirmé que l’Algérie peut bien réussir dans cette démarche, d’autant qu’elle dispose déjà d’une expérience non négligeable. «Il y a 15 ans de cela, on ne savait même pas ce qu’était un dessalement et aujourd’hui, a-t-il dit, 17 %, soit 6 millions d’Algériens, bénéficient de l’eau qui provient des stations de dessalement, grâce à une production de 2,6 millions de M3 par jour». Avec la mise en service des nouvelles stations annoncées par les pouvoirs publics, l’alimentation en eau potable sera assurée à hauteur de 70 % par les eaux dessalées, a-t-il indiqué, insistant, toutefois, sur la nécessité de préserver cette ressource et de la consacrer exclusivement à l’alimentation en eau potable du fait de la cherté de l’entretien des stations de dessalement. La consommation en eau potable (AEP) représente seulement
0,7 %, tandis que les secteurs industriel et agricole consomment près de 85 % de cette ressource, précise le professeur, appelant à l’utilisation des ressources souterraines pour l’irrigation. Par ailleurs, il est à rappeler que le gouvernement a examiné, lors de sa réunion mercredi dernier présidée par le Premier ministre, Aïmene Benabderrahmane, un projet de décret exécutif portant création, organisation et fonctionnement de l’Agence nationale de dessalement de l’eau. Selon un communiqué des services du Premier ministre, ce projet de texte vient en application des orientations du président de la République relatives à la stratégie nationale de développement des ressources en eau non conventionnelles. Ainsi, la création de cette agence «renforcera et harmonisera les instruments nationaux dédiés au développement de l’activité de dessalement de l’eau», a-t-on ajouté. Cette agence aura comme missions, notamment, de réaliser des stations de dessalement de l’eau et d’en assurer la gestion et la maintenance, de superviser les études stratégiques en matière de dessalement de l’eau et de mettre l’eau produite au niveau des stations de dessalement de l’eau à la disposition des organismes chargés de la distribution de l’eau, a précisé la même source.
T. K.

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