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dimanche 11 juin 2023

Le Parlement libyen retire sa confiance à Fethi Bashagha

Le Parlement libyen annonce avoir retiré sa confiance, et même avoir mis aux arrêts, ce qui n’est guère confirmé, Fethi Bashagha, à peine plus d’une année après l’avoir nommé comme le remplaçant de Abdelhamid Dbeibah, le chef du gouvernement dit d’unité nationale, lui-même reconnu à l’étranger mais pas en Libye, en tout cas pas par tous les Libyens. Au moment de sa nomination par le camp de Tobrouk, Bashagha, un temps ministre de l’Intérieur, paraissait l’homme le plus à même d’arracher le pouvoir à Dbeibah, en s’aidant pour cela de la puissante milice de Misrata, la plus importante de celles qui tiennent Tripoli, et dont il fut même le chef par le passé, du moins à ce qui se racontait alors. Il aurait présenté un autre profil que celui-là, il n’aurait jamais été bombardé chef de gouvernement par Tobrouk et Khalifa Hafter. A charge pour lui, compte tenu de son passé et de sa réputation, de prendre possession des centres du pouvoir à Tripoli, soit par la persuasion soit par la force.

Son rival ne montrant aucune disposition à céder la place, il tente en mai de l’année dernière une entrée en force dans Tripoli, laquelle tourne vite à la débâcle. A partir de là, son sort est scellé. Bashagha est un homme de l’ouest qui est passé à l’est pour prendre le pouvoir exécutif qui lui est resté à l’ouest. La seule façon de résoudre cette équation dans un pays politiquement et territorialement divisé en deux, c’est la force, un moyen auquel avait déjà recouru le maréchal Hafter, qui pendant près d’une année avait tenté sans succès de prendre Tripoli. Le Parlement qui a destitué Bashagha a chargé dans la foulée son ministre des Finances d’expédier les affaires courantes. Que Bashagha soit ou non arrêté, cela finira par se savoir. Si au lendemain de la chute de Kadhafi, il s’agissait pour la communauté internationale de bâtir en Libye une démocratie sur les ruines d’une dictature, il n’est plus question de cet ambitieux projet depuis pas mal de temps déjà. Il ne s’agit plus que de réunifier le pays, ou plus exactement d’empêcher sa partition, sous une nouvelle dictature s’il le faut. En fait, la communauté internationale serait même prête sinon disposée à aider tout prétendant à la dictature qui se présenterait, du moins à le laisser faire. Elle n’exigerait de lui qu’une seule chose : qu’il réussisse et vite dans son entreprise, qu’il lui épargne le spectacle de massacres inutiles et autres crises humanitaires insupportables. Qu’il fonce sur Tripoli et la prenne le plus rapidement possible. Pendant 10 mois entre 2019 et 2020, elle avait laissé faire l’armée de Khalifa Hafter dans sa tentative d’entrer dans Tripoli. Si elle y avait réussi, il ne lui aurait pas été demandé de s’en retirer. Mais elle avait échoué, il est vrai parce que la Turquie s’en était mêlée. Dans les propos de Abdoulaye Bathily, le chef de la Manul et représentant spécial du secrétaire général de l’ONU, on chercherait en vain une indication sur la nature du régime à mettre en place en Libye. Ce qui compte pour lui au premier chef, ce n’est même pas qu’il y ait des élections, mais que la Libye reste un seul Etat. Il serait assuré que le risque de partition n’est pas réel, que peut-être il démissionnerait à son tour, sans attendre que ces élections salutaires aient eu lieu.

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