7 C
Alger
vendredi 4 décembre 2020

Le nouveau président que les Etats-Unis donnent au Moyen-Orient

Si pour les monarchies du Golfe, l’Arabie saoudite en tête, le pire des présidents que les Etats-Unis aient donné à la fois au monde et à eux-mêmes, c’est Barack Obama, qui au lieu d’attaquer l’Iran, pour son programme nucléaire notamment mais pas seulement, a passé un accord avec lui tout en y associant les autres grandes puissances, pour l’Iran en revanche ce titre revient incontestablement à Donald Trump, qu’il a en conséquence hâte de voir quitter la Maison-Blanche. Pour l’Iran tout vaut mieux qu’un deuxième mandat au profit de Trump, quelque chose qui heureusement pour lui ne semble pas devoir se produire. A noter cependant que les monarchies du Golfe n’étaient pas les seules au Moyen-Orient à porter un jugement aussi négatif sur Obama, puisqu’Israël était du même avis qu’elles, même s’il avait fait preuve de plus de discrétion à ce sujet. Encore qu’il soit arrivé à son Premier ministre de manquer à une ou deux occasions d’égard à celui qui tout de même était le président des Etats-Unis, à ce titre la puissance garante de l’existence même d’Israël. Qu’en sera-t-il de Joe Biden, si bien sûr aucune complication majeure ne vient l’empêcher de prendre ses fonctions le 20 janvier prochain, compte tenu du fait qu’il ne peut être bien jugé à la fois par l’Iran et par les ennemis de l’Iran ?

S’il est non pas sans doute dans les meilleurs termes avec ce dernier, mais du moins pas aussi hostile à son égard que l’a été Trump, qui aura tout fait sauf la guerre pour le faire plier, alors les monarchies du Golfe et Israël, qui désormais forment un seul camp, verront en lui un autre Obama, c’est-à-dire ce qu’il y a de pire à leurs yeux venant de la part des Etats-Unis. Pour les Iraniens, la défaite de Trump, c’est bien ce qui soit leur arrivé de meilleur depuis le retrait des Etats-Unis de l’accord de Vienne en mai 2018. Bien que vaincu à la présidentielle de novembre, et désormais plus qu’à quelques semaines de son départ, Trump formait encore le projet d’attaquer une de leurs installations nucléaires, Biden ayant fait remarquer que jamais l’Iran n’avait été aussi près de la bombe que sous sa présidence. S’il n’était pas passé à l’acte, c’est juste parce que le conseil de guerre qu’il avait réuni dans cette perspective lui avait fortement déconseillé une entreprise de ce genre vu l’incertitude caractérisant sa propre situation à la tête des Etats-Unis. On voit mal dans ces conditions ce qui aurait pu empêcher une nouvelle guerre du Golfe d’éclater s’il avait pu obtenir un deuxième mandat. Ce serait pourtant aller vite en besogne que de se montrer dès à présent certain que cette guerre ne se produirait pas, puisque en quelque sorte sa première condition, la réélection de Trump, ne semble pas devoir être satisfaite. Car même dans le cas où son successeur n’aurait de rien plus pressé à faire que de revenir à l’accord de 2015, on ne peut exclure que les partisans d’une guerre avec l’Iran ne parviennent à rendre celle-ci inévitable, en la provoquant par exemple. Or même s’ils ne font rien de tel, et qu’ils laissent le nouveau président américain agir sur ce dossier comme il l’entend, il est peu probable que celui-ci n’exige rien de l’Iran en contrepartie du retour de son pays à l’accord en question. Il n’est pas dit que l’Iran accepte de nouvelles conditions, ou que son gouvernement soit en mesure de les imposer à l’ensemble de son opinion.

Article récent

Foot/ Italie- transfert: Slimani dans le viseur de la Salernitana (Série B)

L'attaquant international algérien de Leicester City (Premier league anglaise) Islam Slimani, en manque de temps de jeu, est convoité par le pensionnaire de...
--Pub--

Articles de la catégorie

Le dossier sur lequel Joe Biden est le plus attendu

Le dossier le plus urgent auquel selon toute apparence s'attellera la nouvelle administration américaine, pleinement aux affaires à compter du 20 janvier prochain, est...

Stagdeflation

Jusqu'à la crise économique de 2007/2008, ce que les autorités financières de tous les pays, développés ou pas d'ailleurs, à l'exception notable de celles...

Le principal dossier de politique extérieure qui attend Joe Biden

A quelques semaines seulement de la fin de son mandat, Donald Trump voulait faire bombarder une installation nucléaire iranienne, au risque d'un embrasement du...

En Libye, la pause pour cause de transition américaine

Depuis la tenue en janvier de la Conférence de Berlin sur la crise libyenne, le dialogue interlibyen s'est démultiplié, allant de rencontres en réunions...
- Advertisement -