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jeudi 23 mars 2023

Le ministre de l’Agriculture entre promesses et amère réalité / Ramadhan : «Produits disponibles, prix abordables»

Le ramadhan avance à grands pas. Qui dit mois de ramadhan, dit flambée des prix. Les commerçants profitent de ce mois, durant lequel les citoyens ne veulent se priver de rien, pour augmenter les prix des denrées alimentaires.

Par Meriem Benchaouia

A quelques jours de ce mois sacré, les responsables se relayent pour rassurer les citoyens. Ils affirment que les produits de large consommation ne manqueront pas et que les prix ne prendront pas leur envol. Cette année encore, le gouvernement tente de rassurer par des promesses, souvent non tenues, sur le bon déroulement de ce mois sacré. Discours
d’avant chaque ramadhan. Les discours sont beaux, les mesures annoncées demeurent seulement sur papier. Restera la réalité du terrain où s’affronteront, dans quelques jours, les spéculateurs véreux, sans foi ni loi, et ceux qu’ils s’apprêtent à
saigner : les consommateurs sans défense. S’exprimant, hier, sur les ondes de la Radio nationale le ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Mohamed Abdelhafid Henni, a rassuré sur la disponibilité en «quantités suffisantes» des différents produits agricoles ainsi que des viandes blanche et rouge en prévision du mois de ramadhan, précisant que des dispositions ont été prises pour assurer leur distribution à travers les marchés de proximité. «Les produits agricoles, les différentes viandes et la poudre de lait seront disponibles en quantités suffisantes et à des prix acceptables durant le ramadhan», a-t-il affirmé. Dans ce contexte, le ministre a ajouté que des dispositions ont déjà été prises, notamment l’opération de déstockage de 15 000 tonnes de pomme de terre, lancée pour stabiliser le prix et faire face la spéculation. «La vente directe de la pomme de terre de l’agriculteur au consommateur au prix de 60 dinars (DA) le kilogramme sera maintenue durant le mois de ramadhan pour éviter toute spéculation ou augmentation des prix», a-t-il fait savoir, tout en précisant que cette filière sera réorganisée pour éviter les périodes de soudure (octobre et mars) durant lesquelles les prix augmentent. Pour ce qui est de la filière avicole, M. Henni a évoqué la signature d’une convention-cadre entre le Conseil national interprofessionnel de la filière avicole (CNIFA) et l’Office national des aliments du bétail (ONAB), en vue d’assurer la disponibilité des viandes blanches à des «prix raisonnables». Cette convention permettra, selon lui, de fixer le prix final du poulet qui sera proposé au citoyen au prix de 330 DA le kilo.
Il a affirmé également que le ministère travaille actuellement pour trouver une solution alternative liée aux prix élevés des produits destinés à l’alimentation des volailles (maïs et soja) sur les marchés mondiaux, soulignant que l’Algérie a déjà entamé la production du maïs fourrage.

Plus de 1 200 marchés «El Rahma»
Le ministre a assuré, en outre, que durant le mois de ramadhan un nombre de 160 points de vente (de viande et de volaille) et 500 autres points de vente de produits laitiers et dérivés seront assurés par les entreprises publiques (Alviar, Onab, Giplait et Frigomedit ). En plus de ces points de vente, il est prévu l’organisation de 1 200 marchés «El Rahma» durant le ramadhan, en vue de «sauvegarder le pouvoir d’achat du citoyen», a-t-il expliqué. S’agissant de la disponibilité des céréales, notamment du blé dur, le ministre de l’Agriculture a précisé que le pays détient un «stock suffisant jusqu’à la fin de l’année 2022», ajoutant que «le stock de blé tendre suffira jusqu’au mois d’août 2022». «En plus de la production nationale de céréales, les approvisionnements seront honorés par les fournisseurs traditionnels de l’Algérie», a-t-il également indiqué. A ce propos, M. Henni a évoqué aussi les capacités de stockage dont dispose le pays et pouvant atteindre les 66 millions de quintaux. «Le pays dispose d’espaces de stockage suffisants dépassant les 44 millions de quintaux. Avec l’apport des capacités de stockage au niveau des minoteries et des semouleries (privées), ces capacités s’élèveront à 66 millions de quintaux», a-t-il fait savoir. Pour la filière lait, le ministre a affirmé que le pays détient actuellement un stock suffisant de poudre de lait. «Nous avons engagé une mesure pour assurer une meilleure distribution du lait en sachet subventionné à travers l’ensemble du territoire et surtout dans les zones d’ombre», a-t-il précisé. S’agissant de la production de semences, il a déclaré que l’Algérie compte produire ses propres semences et développer cette activité sur une période de 4 année à travers la culture «in-vitro» de manière à réduire les importations et de ne plus dépendre de l’étranger. «Jai reçu des instructions du Premier ministre pour remettre en état la banque de germes animale et végétale qui sera inaugurée le mois de mai prochain», a-t-il annoncé. Au sujet de la préservation de l’espace forestier, il a expliqué que de larges mesures ont été prises pour éviter les feux de forêt, à travers «l’intervention immédiate des drones pour lancer des alertes précoces sur des incendies, en plus du travail continu pour raviver le massif par la plantation d’un grand nombre d’arbres».

M. B.

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