10.9 C
Alger
samedi 24 février 2024

Le massacre maintient sa cadence

Dans quelques heures seulement, la guerre contre Ghaza entamera son troisième mois, ce qui n’est guère rassurant pour Israël, qui n’aura réalisé pendant les deux mois passés aucun des objectifs qu’il s’était fixés en la déclarant, en premier lieu l’élimination du Hamas, ainsi d’ailleurs que des autres groupes de la résistance palestinienne. Ce n’est déjà pas rien que des combattants ne disposant que d’armes légères aient pu tenir jusqu’à présent en échec la plus puissante armée de la région, de surcroît l’une des meilleures au monde, sinon par son art de la manœuvre et de la pénétration du moins par la qualité de son armement. On ne le dit pas souvent, mais cette armée est redoutable davantage encore par son double, auquel elle s’adosse, et qui aux heures du péril, comme c’est le cas aujourd’hui, se rapproche par précaution de la zone de feu, prêt à y entrer si le besoin s’en fait sentir. Si bien que cette première armée dans la région est en fait la première au monde, puisqu’en dernier recours elle est identifiable à celle des Etats-Unis.

Jusqu’à aujourd’hui cependant, il n’y a pas de preuve que des soldats américains soient présents dans Ghaza, en train de se battre aux côtés des soldats israéliens, et dans ce cas forcément sous leur uniforme, mais on peut être sûr que si ces derniers, déjà à la peine, lâchent pied avant de se mettre à refluer vers l’extérieur de la bande de Ghaza, ou bien ils franchiront le Rubicon, ou bien ils tomberont le masque s’ils sont déjà sur place. C’est que pour l’heure tout est devenu possible, y compris une retraite des Israéliens, ce qui semblait inconcevable il y a deux mois. Au bout de deux mois d’une guerre en comparaison de laquelle même la guerre en Ukraine paraîtrait un conflit de basse intensité, la résistance palestinienne n’a pas seulement tenu le choc, il est vrai au prix de plusieurs milliers de morts et de blessés au sein de la population, elle est aujourd’hui plus confiante en elle-même, et partant plus performante. Pendant les sept jours de pause, on a cru naïvement que c’était les Israéliens qui étaient le plus pressés de reprendre les hostilités, et que c’était les combattants palestiniens qui pour ainsi dire raclaient leurs fonds de tunnel pour réunir suffisamment d’otages en vue de se payer un jour supplémentaire de trêve. Une fois de plus on a été victime de la propagande israélienne, relayée qu’elle était par les principaux médias dans le monde, toujours capables de faire prendre des vessies pour des lanternes. Leur vaisseau amiral, le «New York Times», a même cherché pendant la trêve à convaincre son monde que le 7 octobre les Palestiniens avaient en tout et pour tout suivi un mode d’emploi élaboré par les Israéliens dans le moindre détail, qu’en l’espèce c’était là tout le mérite qu’il était possible de leur attribuer. La réalité, c’est que ce sont les Palestiniens qui ayant libéré les femmes et enfants israéliens qu’ils détenaient conditionnent désormais les autres libérations à l’arrêt des hostilités, c’est-à-dire pour l’essentiel à la fin des bombardements israéliens, qui sont autant de crimes de guerre. Dans la guerre en Ukraine, il y a eu relativement peu de pertes civiles en comparaison du nombre de militaires tombés d’un côté comme de l’autre. Dans la guerre d’Israël contre Ghaza, le nombre des civils déjà morts, blessés, et ensevelis, se comptent par dizaines de milliers. Ils seront 100 000 dans pas longtemps. Rien que cela est la preuve que le monde effectivement n’assiste pas une guerre mais à un génocide.

Article récent

--Pub--spot_img

Articles de la catégorie

- Advertisement -spot_img