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samedi 1 octobre 2022

Le Kremlin juge les pourparlers avec l’Ukraine pas assez «substantiels»: Zelensky prêt à négocier avec la Russie sur la Crimée et le Donbass

Le Kremlin a jugé, hier, que les pourparlers en cours avec Kiev n’étaient pas assez «substantiels», le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, s’étant dit prêt de son côté à discuter avec Vladimir Poutine d’un compromis sur la Crimée et le Donbass contre des «garanties de sécurité».

Par Meriem Benchaouia

«Un certain processus (de négociations) a lieu, mais nous souhaiterions qu’il soit plus énergique, plus substantiel», a dit à la presse Dmitri Peskov, le porte-parole de la Présidence russe. Il a refusé de dire sur quoi les délégations russe et ukrainienne planchaient, «car actuellement rendre (ces sujets) publics ne peut que gêner le processus de négociations qui se déroule déjà de manière plus lente et moins substantielle que nous le voudrions». Il était interrogé sur les propos du président ukrainien, Volodymyr Zelensky, qui s’est déclaré lundi soir disposé à discuter avec son homologue russe Vladimir Poutine d’un «compromis» sur le Donbass et la Crimée pour mettre fin aux hostilités déclenchées par la Russie le 24 février. Volodymyr Zelensky a aussi prévenu qu’un tel accord devrait, toutefois, être ratifié par les Ukrainiens par référendum. L’Ukraine réclame lors des pourparlers un cessez-le-feu, le retrait des forces russes du pays ainsi que la désignation de pays garants de sa sécurité qui interviendraient en cas d’attaque russe. Moscou, de son côté, dit vouloir démilitariser et «dénazifier» l’Ukraine, évoquant, à ce titre, un statut de neutralité pour son voisin pro-occidental.

Kiev lance un appel à Pékin
Le ministre des Affaires étrangères ukrainien, Dmytro Kouleba, a appelé la Chine à «jouer un rôle important» pour trouver une solution mettant fin au conflit avec la Russie, rapporte l’AFP. «(…) Nous partageons la position de Pékin sur la nécessité de trouver une solution politique à la guerre contre l’Ukraine, et appelons la Chine, en tant que puissance mondiale, à jouer un rôle important dans ces efforts», a écrit le ministre sur son compte Twitter. Le président américain, Joe Biden, s’est entretenu, vendredi par visioconférence avec son homologue chinois, Xi Jinping, pour lui exposer «les conséquences si la Chine fournissait un soutien matériel à la Russie», selon la Maison-Blanche. En la circonstance, le président chinois a observé que les conflits militaires ne sont «dans l’intérêt de personne», selon la télévision chinoise. Dimanche, l’ambassadeur de Chine aux Etats-Unis a assuré que Pékin n’a pas fourni d’assistance militaire à Moscou. «Il y a de la désinformation selon laquelle la Chine procure une assistance militaire à la Russie. Nous la rejetons», a déclaré Qin Gang, interviewé par la chaîne CBS. L’ambassadeur a aussi défendu le refus par Pékin de condamner l’offensive armée russe. «Une condamnation ne résout pas le problème. Je serais surpris si la Russie reculait du fait des condamnations», a-t-il soutenu.

La Russie convoque l’ambassadeur américain
De son côté, la Russie a convoqué l’ambassadeur américain et accusé Joe Biden d’avoir conduit les relations entre Washington et Moscou «au bord de la rupture» par ses déclarations visant son homologue russe, Vladimir Poutine. Ces propos, à travers lesquels il a qualifié la semaine dernière le président russe de «criminel de guerre» pour son offensive en Ukraine, «sont indignes d’un homme d’Etat de haut rang», a estimé le ministère des Affaires étrangères russe dans un communiqué publié après la convocation du représentant américain. Le ministère a indiqué avoir signifié à l’ambassadeur américain, John Sullivan, que de telles remarques «conduisent les relations russo-américaines au bord de la rupture». Il a aussi affirmé l’avoir averti que «les actions hostiles menées contre la Russie seront fermement et résolument repoussées», ajoutant que la question du fonctionnement des missions diplomatiques respectives a été abordée, dans un contexte de sanctions et de plusieurs vagues d’expulsions croisées. Un peu plus tard, la diplomatie russe a annoncé abandonner les négociations avec le Japon, les deux pays n’ayant jamais signé d’accord depuis la Seconde Guerre mondiale en raison d’un différend territorial, invoquant la «position inamicale» de Tokyo face au conflit en Ukraine. «La Russie n’a pas l’intention, dans les circonstances actuelles, de poursuivre les négociations avec le Japon sur un traité de paix», a indiqué le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué.
M. B.

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