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lundi 5 décembre 2022

Le grand vide entre les trois arrivés en tête et les autres

Le premier tour de la présidentielle française, organisé dimanche dernier, n’a absolument pas dérogé aux attentes, et d’abord pour ce qui concerne les trois favoris, nommément le président sortant, Emmanuel Macron, Marine Le Pen, une représentante de l’extrême droite, car elle n’est pas la seule, et le troisième homme, Jean-Luc Mélenchon, l’un des cinq concurrents se réclamant expressément de la gauche. Ces trois-là se sont affirmés à cette occasion comme les principales figures de leur camp. Si leurs résultats, ainsi que l’ordre dans lequel ils sont advenus, n’a pas constitué une surprise, il en est autrement de leurs rivaux au sein de leur camp, qui eux ont subi une défaite aux allures de débâcle. Valérie Pécresse en particulier, la candidate de la droite classique, comme on qualifie son courant pour le distinguer de l’extrême droite, devenue hégémonique de ce côté de l’échiquier politique, mais également Anne Hidalgo, la candidate du PS, toutes deux les représentantes des deux courants ayant longtemps dominé la scène politique française, ont obtenu des scores tellement bas qu’il serait injuste de les leur imputer personnellement.

On savait, certes, qu’elles n’avaient aucune chance d’être qualifiées au deuxième tour, mais que l’une et l’autre soient ravalées au bas de l’échelle, aux côtés des partis de témoignage, comme on les appelle pour dire qu’ils n’entretiennent aucune ambition pour leur part de remporter quelque élection que ce soit, voilà qui en revanche n’a pas manqué de constituer une surprise. On dirait que ce premier tour a eu tout particulièrement soin de délivrer des certificats de décès à des partis à la mort desquels non seulement ceux qui s’y reconnaissent mais l’opinion française dans son ensemble ne voulaient pas croire. Pécresse, et encore moins Hidalgo, n’a même pas réussi à obtenir les 5% de voix donnant droit au remboursement des frais de campagne. Cette échéance n’a donc pas seulement confirmé les favoris dans leur rang, ce qui ne leur était pas contesté la veille de l’élection, mais elle a permis à chacun d’entre eux de s’imposer comme le leader désormais indiscutable au sein de sa famille politique, celle-ci prise au sens large du terme. Entre Mélenchon arrivé troisième, avec 22% des voix, et Eric Zemmour, qui s’est classé quatrième mais avec seulement 7%, s’étale un vide de 15 points, probablement du jamais vu dans l’histoire électorale de la 5e République. On tend à s’expliquer cette disparité énorme par le vote utile, qui cette fois-ci aurait joué à plein, accentuant ce faisant des écarts qui autrement n’auraient pas été aussi grands entre les candidats occupant les trois premières places et les neuf autres. Il y a fort à parier que cette opinion prévaudra chez les perdants. En effet, si c’est au vote utile qu’ils doivent de s’être affaissés, tout n’est pas perdu pour eux, ils pourront toujours se relever. Demain, il y aura d’autres élections, autant d’occasions pour eux de se racheter, de retrouver des couleurs, les leurs justement, et des forces, qui leur permettront de repartir dans la vie. Or il s’en présente déjà une, les législatives, prévues dans la foulée du deuxième tour de la présidentielle, qui pour sa part se tiendra dans deux semaines. Il leur suffira de faire une moisson honorable de sièges, digne de ce qu’ils étaient dans le passé, et ils renoueront peut-être avec les premières places et les honneurs qui s’y attachent.

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