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samedi 30 septembre 2023

Le Cour Grandmaison à propos du 8 mai 1945 : Macron doit reconnaître les massacres en Algérie comme des «crimes contre l’humanité»

L’historien et politologue français, Olivier Le Cour Grandmaison, a appelé le Président Emmanuel Macron à reconnaître de «façon précise et circonstanciée» les crimes commis le 8 mai 1945 en Algérie par la France coloniale comme étant des «crimes de guerre et contre l’humanité». Dans un entretien accordé à l’APS, M. Le Cour Grandmaison a indiqué que «le président de la République française, qui prétend vouloir œuvrer à la réconciliation (des Mémoires), aura la possibilité, à l’occasion des commémorations à venir des massacres du 8 mai 1945 en Algérie, de faire en sorte que ses actes soient conformes à ses déclarations».
«Pour cela, il faudrait qu’il reconnaisse, de façon précise et circonstanciée, que les crimes commis alors furent des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité comme le prouve l’article 212-1 du nouveau code pénal (français)», a encore expliqué le Docteur en sciences politiques et enseignant dans cette discipline à l’université et aussi auteur de plusieurs ouvrages sur la colonisation française.
Il a précisé, à ce titre, que «les rafles, les tortures, les exécutions sommaires, les disparitions forcées commises à l’encontre de la population civile (en Algérie) l’ont été en exécution d’un plan concret», soulignant que les «éléments constitutifs du crime contre l’humanité sont donc bien réunis ainsi que l’ont établi depuis longtemps les historiennes et les historiens qui ont étudié ces massacres». Pour cet historien et politologue, «la justice le réclame et les descendants des victimes, les héritiers de l’immigration coloniale et postcoloniale, qu’ils soient français ou algériens, l’attendent depuis longtemps et le revendiquent sans être entendus». En ce sens, il a estimé que si 76 ans après ces événements douloureux, la réconciliation des Mémoires entre l’Algérie et la France bloque, «la responsabilité première de cette situation incombe d’abord et avant tout aux différents chefs d’Etat français et, présentement, au Président Emmanuel Macron».
«Proposons donc à Macron de profiter de la date du 8 mai 2021 pour admettre enfin cela. Il sera ainsi fidèle à la déclaration qu’il avait faite le 16 février 2017 en Algérie, alors qu’il était candidat à l’élection présidentielle», a rappelé M. Le Cour Grandmaison. Commentant les crimes perpétré à Sétif, Guelma et Kherrata, il a tenu à rappeler que le 8 mai 1945, le jeune scout algérien Saâl Bouzid, assassiné par un policier français à Sétif, était «coupable d’avoir osé manifester pacifiquement, en portant le drapeau de l’Algérie indépendante avec plusieurs milliers d’autres ‘’indigènes’’».
L. M.

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