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vendredi 7 octobre 2022

Le Brent en hausse : Le pétrole se maintient et frôle les 74 dollars

Après une année 2020 noire, marquée par un effondrement des prix du baril de pétrole, celui-ci connaît une nette hausse depuis quelques semaines et retrouve des niveaux de prix jamais atteints depuis 2018.

Par Meriem Benchaouia

Les cours de pétrole allaient de l’avant hier, soutenus par la demande et l’élection du conservateur Ebrahim Raïssi en Iran, susceptible de compliquer les négociations sur le nucléaire iranien et de retarder d’autant le retour de ses millions de barils sur le marché. Vers 11h25, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en août valait 73,93 dollars à Londres, en hausse de 0,57 % par rapport à la clôture de vendredi. A New York, le baril de WTI pour le mois de juillet gagnait dans le même temps 0,60 %, à 72,07 dollars. «Le scénario haussier est toujours intact grâce à une demande mondiale qui se redresse», a expliqué Bjarne Schieldrop, analyste de Seb. Mercredi dernier, le Brent et le WTI ont même touché en cours de séance de nouveaux records en plusieurs années, à 74,96 dollars et 72,99 dollars, une première depuis respectivement mai 2019 et octobre 2018. «L’élection d’Ebrahim Raïssi comme nouveau président iranien est susceptible de retarder le retour de son pétrole sur le marché», a continué Bjarne Schieldrop, mais pas de le faire «dérailler». Le candidat ultra-conservateur, proclamé vainqueur de l’élection présidentielle iranienne samedi, doit succéder au modéré Hassan Rohani en août. Bien qu’issu d’un courant politique se caractérisant par l’antiaméricanisme et le rejet de l’Occident, Ebrahim Raïssi a néanmoins rappelé pendant la campagne que la priorité était d’obtenir la levée des sanctions pour sortir le pays de l’ornière. Au lendemain de son élection, plusieurs diplomates qui tentent de ressusciter l’accord sur le nucléaire iranien à Vienne, en Autriche, ont déclaré «se rapprocher» d’un accord, mais des points d’achoppement demeurent. «Si les prix se maintiennent jusqu’au début du mois prochain, cela ne fera qu’augmenter la probabilité que l’Opep+ ouvre davantage les vannes», ont par ailleurs averti Warren Patterson et Wenyu Yao, d’ING. Les membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) se retrouvent le 1er juillet pour arrêter leurs quotas de production à compter du mois d’août. Pour rappel, les membres de l’Opep+ avaient décidé au début du mois de se conformer à leur politique d’augmentation progressive de la production de pétrole d’ici juillet. Cette stratégie consiste en un retour par palier entre mai et juillet d’un total de près de 1,2 million de barils par jour supplémentaires, auquel s’ajoute le volume d’un million de barils qui avait été retiré volontairement par Riyad au début de l’année. Dans son dernier rapport mensuel publié il y a quelques jours, l’Opep table sur une accélération de la reprise de la demande pétrolière au cours de la deuxième partie de l’année. Elle confirme ses prévisions pour cette année d’un rebond de 6 millions de barils par jour (mb/j) de la demande mondiale, qui devrait ainsi atteindre 96,58 mb/j. Ce rebond fait suite à une chute encore plus importante de 9,3 mb/j de la demande l’an dernier, en raison de la pandémie de Covid-19 qui a freiné l’activité et quasiment mis à l’arrêt le transport aérien mondial. Cette année, «la reprise économique mondiale a été retardée en raison de la résurgence des infections du Covid-19 et des nouvelles mesures de confinement dans des économies clés», note l’Opep. Mais elle ajoute que la vaccination et l’assouplissement des mesures de restrictions notamment alimentent «l’optimisme sur le fait que la pandémie pourrait être contenue dans les mois qui viennent». Tout comme la croissance économique, la demande pétrolière devrait accélérer au cours de l’année, prédit ainsi l’Opep. Elle prévoit une demande de 94,1 mb/j au premier semestre, puis de 99 mb/j au second, avec une progression des mobilités et donc de la consommation d’essence ou de diesel. Cet optimisme conforte l’Opep qui avait restreint avec ses alliées au sein de l’Opep+ sa production pour soutenir les cours pendant la crise, mais est désormais décidée à desserrer le robinet.

M. B.

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