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samedi 4 décembre 2021

Le Brent dépasse les 85 dollars: Le pétrole s’offre une nouvelle envolée

Les cours du pétrole ont pris encore un peu plus de hauteur, le Brent frôlant un plus haut de sept ans, avant de consolider à des niveaux toujours très élevés, sans perspective de répit.

Par Meriem Benchaouia

Le prix du baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en décembre est monté, en séance de lundi, jusqu’à 86,70 dollars, à Londres. Au-delà de 86,74 dollars, il aurait atteint un plus haut depuis octobre 2014. Le Brent s’est en suite nettement replié, pour finir à 85,99 dollars, en progression de 0,53 % ou 46 cents par rapport à vendredi. Quant au baril de West Texas Intermediate (WTI) pour le même mois, il a, lui, franchi 85 dollars pour la première fois depuis octobre 2014, pour aller jusqu’à 85,41 dollars, avant de reculer franchement lui aussi et finir à 83,76 dollars, à
l’équilibre par rapport à vendredi. Le marché avait été aiguillonné par des déclarations prudentes du ministre saoudien de l’Energie, Abdelaziz ben Salmane, à l’agence Bloomberg, qui a laissé entendre que l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), dont l’Arabie saoudite est le chef de file, n’était pas prête à dévier du calendrier de relèvement progressif de sa production. Il a illustré sa prudence en arguant une présence toujours active du virus dans certaines parties du monde, citant en exemple la Russie. Moscou se prépare, en effet, à une fermeture de onze jours de tous ses services non essentiels à compter de demain jeudi, dans l’espoir d’endiguer la grave flambée de l’épidémie de Covid-19 qui frappe le pays. Ces déclarations ont dynamisé les cours du brut «dès le début des échanges asiatiques», constate Jeffrey Halle, de Oanda, une tendance qui s’est accentuée à l’heure où les investisseurs américains commencent leur journée. En l’état, l’organisation et ses partenaires de l’accord Opep+ ont prévu de relever chaque mois leur production de 400 000 barils par jour, pour finir par retrouver le niveau d’avant la pandémie d’ici septembre prochain. Le ministre du Pétrole du Nigeria, Timipre Sylva, également interrogé par Bloomberg, est allé dans le sens du ministre saoudien, jugeant que le marché était «encore trop fragile» pour envisager une hausse plus franche de la production du groupe dont il fait aussi partie. Les analystes de Goldman Sachs ont estimé dans une note dimanche qu’elle «atteindrait bientôt son niveau d’avant le Covid-19, soit 100 millions de barils par jour». Les cours ont aussi été soutenus par l’annonce d’un temps plus froid que prévu durant les semaines à venir aux Etats-Unis, ce qui devrait encore augmenter la demande d’énergie, déjà supérieure à la demande, a souligné Sam Stovall de CFRA. Autre facteur, le nouveau coup de chaud du gaz naturel qui a grimpé lundi.

Dans l’attente de la Chine
Pour John Kilduff, de la firme de conseil en investissement Again Capital, le refroidissement de fin de séance tient à des prises de bénéfices mais aussi au sentiment que «les Chinois vont faire encore davantage pour faire retomber les prix de l’énergie». Le prix du contrat à terme chinois sur le marché du charbon s’est ainsi encore un peu tassé lundi, affichant une baisse de près de 30 % depuis hier. L’ensemble des marchés de
l’énergie souffrant d’une pénurie, ce mouvement favorise une accalmie pour l’or noir. «On est à des niveaux élevés, donc si tout ne tourne pas dans le même sens en même temps, il est difficile de continuer à avancer», a expliqué John Kilduff.
M. B.

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