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mardi 27 septembre 2022

Le Brent à 75,54 dollars, au plus haut depuis octobre 2018: Les cours du pétrole continuent leur ascension

Les prix du pétrole poursuivaient hier leur marche en avant, atteignant des prix plus vus depuis octobre 2018, motivés par des stocks de pétrole brut attendus en baisse aux États-Unis et malgré une hausse de la production se profilant à moyen terme.

Par Meriem Benchaouia

Hier matin, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en août valait 75,54 dollars à Londres, en hausse de 0,98 % par rapport à la clôture de mardi. Il a touché peu de temps auparavant 75,66 dollars, un prix plus vu depuis fin octobre 2018. À New York, le baril de WTI pour le mois d’août, dont c’est le premier jour d’utilisation comme contrat de référence, avançait dans le même temps de 0,81 %, à 73,44 dollars. Le contrat américain navigue lui aussi à des sommets comparables à ceux du mois d’octobre 2018. «Les marchés suivront de près les données officielles sur les stocks de brut de l’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA) attendus en début de séance américaine», a expliqué Avtar Sandu, analyste de Phillip Futures. Ces derniers sont attendus en baisse de 3,5 millions de barils pour la semaine passée, selon la médiane d’analystes interrogés par l’agence Bloomberg, un signal positif pour la vigueur de la demande de brut au sein du premier consommateur mondial. Mardi, la fédération qui regroupe les professionnels du secteur pétrolier aux États-Unis, l’American Petroleum Institute (API), aux chiffres cependant jugés moins fiables, a rendu compte d’une baisse plus forte encore, de 7,2 millions de barils. L’attention des investisseurs se porte par ailleurs vers la réunion de l’Opep+ prévue le 1er juillet, «les points de vue étant partagés quant à une éventuelle augmentation de la production à compter du mois d’août», reprend Avtar Sandu. «Sans surprise, la Russie proposerait d’augmenter encore l’offre de l’alliance composée des membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et de dix alliés», ont expliqué dans une note Warren Patterson et Wenyu Yao, d’ING. Pour rappel, les membres de l’Opep+ avaient décidé, au début du mois, de se conformer à leur politique d’augmentation progressive de la production de pétrole d’ici juillet. Cette stratégie consiste en un retour par palier entre mai et juillet d’un total de près de 1,2 million de barils par jour supplémentaires, auquel s’ajoute le volume d’un million de barils qui avait été retiré volontairement par Riyad au début de l’année. Le marché surveille également les discussions sur le nucléaire iranien, dans la foulée de l’élection de Ebrahim Raïssi en Iran, susceptible d’entraîner à moyen terme un retour sur le marché des barils iraniens. Pour les investisseurs pétroliers, il s’agit de savoir si les sanctions qui empêchent actuellement l’Iran d’exporter sa production seront allégées, ce qui changerait drastiquement l’équilibre du marché du brut et pourrait peser sur les cours. Dans son dernier rapport mensuel publié il y a quelques jours, l’Opep table sur une accélération de la reprise de la demande pétrolière au cours de la deuxième partie de l’année. Elle confirme ses prévisions pour cette année d’un rebond de 6 millions de barils par jour (mb/j) de la demande mondiale, qui devrait ainsi atteindre 96,58 mb/j. Ce rebond fait suite à une chute encore plus importante de 9,3 mb/j de la demande l’an dernier, en raison de la pandémie de Covid-19 qui a freiné l’activité et quasiment mis à l’arrêt le transport aérien mondial.
M. B.

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