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samedi 25 juin 2022

Le 18e crime de non-dévoilement de déchets radioactifs

La rencontre interministérielle franco-algérienne dite de haut niveau, la deuxième du genre entre les deux pays, qui devait avoir lieu dimanche dernier, a été annulée sur demande d’Alger, non pas comme cela a été suggéré des deux côtés de la mer, par une sorte de dépit amoureux des Algériens, pour lesquels la délégation française ne serait pas suffisamment étoffée, mais pour une raison majeure. En fait, on chercherait dans la liste exhaustive des bonnes raisons susceptibles de pousser un pays à annuler une séance de travail avec un autre qu’on n’en trouverait pas qui soit meilleure. Notons tout de même que dès lors qu’il s’agit de rabaisser leur pays l’air de rien, certains médias algériens ne sont pas moins perfides que leurs homologues français. La réalité est qu’Alger voulait aborder à cette occasion un sujet de première importance à bien des égards, portant sur les déchets radioactifs générés par les 17 essais nucléaires accomplis par la France dans le Sahara algérien de 1960 à 1966. Le chef d’état-major Saïd Chanegriha a pu se rendre compte lors de sa rencontre préparatoire avec son homologue français que telle n’était pas du tout la priorité de la France.

Après cela quel intérêt y aurait-il eu à maintenir le rendez-vous ? Aucun, du point de vue algérien en tout cas. 17 crimes commis coup sur coup tout à la fois contre l’Algérie et ses habitants, contre l’humanité tout entière, et contre la planète, on se demande si un autre pays que la France en est capable. Et puis voilà qu’un 18e vient s’ajouter à eux, tout récent, tout fumant encore celui-là, de surcroît étirable dans le temps : le refus de la France de révéler où elle avait caché les scories de ses méfaits, pour que les Algériens puissent s’en garder dans la mesure du possible, en attendant de pouvoir les traiter de façon à amoindrir leurs effets combien mortels. Il faut bien comprendre de quoi il s’agit en l’occurrence, afin que tout le monde soit à même d’en mesurer la perversité profonde. Ce que la France ne veut pas, ce n’est pas assumer ses responsables dans les 17 crimes en question, c’est juste ne pas indiquer aux Algériens où se trouvent les déchets radioactifs qui en sont issus. Serait-ce parce qu’elle répugne foncièrement à voir déterrer les preuves, les vestiges tangibles de ses méfaits, et que tant que ceux-ci sont enfouis, elle peut encore s’entretenir dans l’illusion que ses crimes n’ont pas été commis ? Personne en effet n’a envie de voir ses cadavres ressurgir à la lumière, plus vivants que jamais, et sinon en soi du moins dans le souvenir de ceux qui les ont subis. Le mot de cadavres n’est pas employé ici par hasard, ni seulement pour faire métaphore. Peut-être en effet que si la France ne veut pas révéler les emplacements de ses déchets, c’est qu’il y en a d’un autre type, d’une autre nature, et dont la découverte attirerait sur elle une réprobation plus grande encore. Plus elle persiste dans son refus aux demandes algériennes légitimes, plus elle accrédite la thèse que lors de ses expérimentations de mort elle ne s’est pas servie que d’animaux vivants et de cadavres humains, mais aussi de cobayes humains vivants, Algériens forcément, un soupçon qui s’attache à elle depuis le début. Cela expliquerait en tout cas qu’elle fasse encore de ses déchets un secret d’Etat. Si dans les sables du Sahara elle a enfoui autre chose que des produits et du matériel radioactifs, ce qui est déjà une abomination contre tout, mais aussi des irradiés vivants, elle n’est pas prêt de rien nous révéler. C’est à nous, avec l’aide d’amis compétents à travers le monde, de les trouver, et de les traiter comme il se doit.

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