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jeudi 25 février 2021

L’association des consommateurs réclame le plafonnement des marges bénéficiaires : Flambée générale des prix

«Le prix des pâtes a augmenté de 40 %, celui des viandes, rouges notamment, a flambé de 2,5 à 7 %, les dérivés du lait connaissent une augmentation de 10 à 15 %, y compris le lait pour enfant…», a alerté le président de l’Apoce (Organisation de la protection du consommateur et de son environnement) qui a appelé à la régulation du marché et au plafonnement de la marge bénéficiaire afin d’éviter les hausses inexpliquées.

Par Thinhinene Khouchi

Depuis le début de cette année, les prix des produits alimentaires ont connu une augmentation remarquable qui n’a laissé personne indifférent. En effet, selon le président de l’Organisation de la protection du consommateur et de son environnement, Mustapha Zebdi, plusieurs produits sont touchés par la hausse des prix cette année, citant comme exemple «le prix les pâtes qui a augmenté de 40 %, les viandes, rouges notamment, ont flambé de 2,5 à 7 %». Selon lui, son Organisation avait «prédit cette augmentation en 2020, mais aucune autorité n’a pris nos alertes au sérieux». Zebdi a cité également «les prix des dérivés de lait qui ont augmenté de 10 à 15 %, y compris le lait pour enfant». Les produits électroménagers et informatiques ne sont pas en reste, leurs prix ont grimpé de 20 à 40 %. Pour ce qui est du sucre et de l’huile destinés à la transformation industrielle, ils ont également connu une hausse assez significative. Cela impactera automatiquement les prix des produits finis. Le président de l’Apoce a évoqué aussi l’augmentation enregistrée sur les pièces de rechange automobiles, située autour de 50 %, dans le secteur de la quincaillerie et le prix du fer qui a impacté plusieurs secteurs, notamment le bâtiment. Pour Zebdi, «le manque de prévisions sur le marché, de communication et de coordination entre les secteurs, notamment celui du Commerce avec l’Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC), sont derrière cette instabilité des prix». A l’image des industriels et des économistes, l’Organisation de la protection du consommateur  estime qu’«afin d’éviter les hausses inexpliquées des prix, il est impératif de plafonner la marge bénéficiaire». Selon lui, «le prix doit être fixé chez le producteur, qu’il soit agriculteur ou industriel. En l’absence de cette mesure, nous avons constaté des marges bénéficiaires allant jusqu’à 1 000 %». Zebdi a réclamé également l’annulation de la TVA sur certains produits essentiels, comme la tomate en conserve, le café, les pâtes et les légumes secs. De son côté, le président de la Fédération nationale de l’agroalimentaire (FNA), Khaled Belbel, a indiqué que la hausse des prix des pâtes alimentaires, enregistrée dernièrement, est notamment causée par le «monopole» de certains opérateurs qui en «profitent pour multiplier leurs bénéfices». Vu la fermeture de certaines usines en raison de l’implication de leurs propriétaires dans des affaires de justice, certains producteurs se sont retrouvés «seuls sur le marché», ce qui a créé une sorte de «monopole» dont ils profitent pour multiplier leurs bénéfices durant cette période, en se basant sur la loi de l’offre et de la demande, a expliqué Belbel. D’où la nécessité, selon lui, de multiplier les contrôles et de sévir pour épargner le consommateur qui est la première victime des ces agissements. Il précisera que la Fédération a, certes, pour rôle de défendre les investisseurs, mais pas au détriment du citoyen. D’autre part, il a évoqué la hausse des prix du blé sur les marchés internationaux ainsi que la hausse des taxes douanières, relevant que les producteurs de pâtes alimentaires «se plaignent de l’absence de subventions» de la part des pouvoirs publics. Le responsable a indiqué que ces opérateurs demandent à bénéficier de quotas subventionnés de blé et de semoule, ce qu’il a considéré comme «impossible» vu que les subventions ne concernent que les produits destinés directement aux consommateurs. Le président de la Fédération a rappelé que la FNA a, de tout temps, demandé à subventionner les agriculteurs, afin qu’ils puissent augmenter leur production et ainsi permettre à l’Etat de réduire la facture d’importation des matières de première nécessité telles que le blé ou encore la poudre de lait. Considérant que la Fédération, au même titre que la Confédération algérienne du patronat à laquelle elle est affiliée, est un «partenaire des pouvoirs publics», Belbel a rappelé quelques propositions de la fédération pour le développement de la filière agroalimentaire. Il s’agit, entre autres, de désigner des administrateurs pour gérer toutes les usines dont les propriétaires sont poursuivis en justice pour la préservation des emplois et aussi la poursuite de la production en vue d’atteindre l’autosuffisance.

T. K.

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