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mardi 28 juin 2022

L’art en deuil : Le comédien Mustapha Preure n’est plus

Le célèbre comédien Mustapha Preure est décédé dans la nuit de vendredi à samedi, à Alger, à l’âge de 87 ans.

Par Racim C.

Ayant débuté sa carrière artistique en 1948 sur les planches du théâtre, Mustapha Preure avait rejoint les rangs du Front de libération nationale au déclenchement de la guerre de Libération. Après le recouvrement de l’indépendance, il s’est entièrement consacré à l’art, passant du théâtre à la télévision, pour enchaîner plus d’une centaine d’apparitions sur grand écran et sur les planches et de nombreux travaux pour la télévision. Il avait également marqué le public par sa voix lors de son passage prolifique et remarqué sur les ondes de la radio où il avait également présenté de nombreuses œuvres. Mustapha Preure a été inhumé hier au cimetière d’El Kettar à Alger.

Un artiste polyvalent et prolifique
Le célèbre comédien Mustapha Preure laisse derrière lui une carrière pleine et une œuvre abondante et riche, jalonnée de succès dans les différentes disciplines des métiers des Arts de la scène. Artiste «polyvalent et accompli», Mustapha preure est passé par tous «les métiers des Arts de la scène», comptant à son actif «une carrière de plus de 70 ans au service de la culture algérienne», dira le comédien Abdelhamid Rabia. Animateur, directeur de production à la Télévision et à la Radio nationales, musicien, comédien au Théâtre national algérien ainsi qu’à la radio, et acteur à la télévision et au cinéma, le défunt a plusieurs fois était honoré à différentes occasions dans les quatre coins de l’Algérie. Né à La Casbah d’Alger en 1935, Mustapha Preure a fréquenté
l’école Sarrouy à Soustara, et s’était lancé, alors qu’il n’avait que 6 ans, dans la pratique du 4e art avec la troupe théâtrale «El Kotb» de la Pêcherie d’Alger, au sein des Scouts musulmans algériens. Quelque temps après, il intègre la troupe «El Manar El Djazaïri», alors sous la houlette de Mohamed Zinet et Réda Bastandji, et participe à plusieurs tournées de sensibilisation à travers le territoire national pour soutenir la révolution armée contre le colonialisme français. Egalement percussionniste et virtuose du tar, il part à Paris en 1953, après avoir fait partie de l’orchestre dirigé par Mustapha Sahnoun, aux côtés de musiciens de renom, à l’instar du violoniste Mohamed Mokhtari et du flûtiste et compositeur Ahmed Malek. A Paris, le défunt se produira avec tous les grands noms de la chanson algérienne d’exil, alors dédiée au combat libérateur, à l’instar de El Amraoui Missoum, Slimane Azem, Nora, Dahmane El-Harrachi, Akli Yahiatène, Abderrahmane Aziz, Khadidja et Mohamed Lamari, entre autres. En 1955, il participe au Festival mondial de la jeunesse avec Mahieddine Bachtarzi, Sid Ali Kouiret, Yahia Ben Mebrouk et d’autres comédiens pionniers de l’action théâtrale algérienne. Contacté en 1958 par le révolutionnaire et héros de la bataille d’Alger Osman Hadji dit Ramel, le défunt avait rejoint les rangs des moudjahidine et fut incarcéré à la prison d’El Harrach, puis à Blida, jusqu’à sa sortie où il rencontrera El Hachemi Guerrouabi qui deviendra son meilleur ami. En 1962 à Oujda, il a rencontré la troupe du FLN qui venait de Tunis, qu’il ne quittera jamais, commençant au TNA par faire partie de l’Orchestre avant de s’occuper de la retransmission à la Radio algérienne de plusieurs spectacles. Il va également contribuer avec de grands noms, comme Mohamed Boudia, Mustapha Kateb, Taha El Amiri et d’autres encore, à la nationalisation de l’ex-Opéra d’Alger, devenu le 8 janvier 1963, Théâtre National Algérien. Amoureux de sa patrie, le défunt s’était engagé durant les trois périodes du colonialisme, de la grande Révolution et de l’indépendance, Mustapha Preure compte à son actif plus de 140 films, dont une cinquantaine d’œuvres télévisées et plusieurs dizaines de pièces radiophoniques, dont une centaine de lectures de romans à l’époque des regrettés Mohamed Touri et Rouiched. Parmi les œuvres dans lesquelles le défunt avait pris part, «Enness elli m’aâna» (théâtre), «La nuit a peur du soleil», «Les portes du silence», «Chafika baâd El’likae» ou encore «Le brocanteur» (feuilleton).
R. C.

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