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Alger
mercredi 20 janvier 2021

L’annonce de Fourar démentie par sa tutelle: Arrivée du vaccin : cafouillage au ministère

Lundi, le porte-parole du Comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie de coronavirus, Djamel Fourar, a annoncé que la réception par l’Algérie du premier lot du vaccin russe anti-Covid-19, Spoutnik V, est «imminente». «Ce sera probablement demain ou après-demain», a-t-il indiqué, avant d’être aussitôt démenti par le ministère de la Santé.

Par Louisa Ait Ramdane

A quelle date le vaccin sera-t-il disponible ? Les déclarations des professionnels de la santé et de leur tutelle sur cette question se suivent mais ne se ressemblent pas. Tous affirment que «l’Algérie mettra tout en œuvre pour mettre le vaccin à la disposition des citoyens». Mais le cafouillage entoure la question de la réception du premier lot du vaccin anti-Covid.
«C’est imminent. Ce sera probablement demain ou après-demain. Cela reste tributaire des actions qu’entreprend l’Institut Pasteur d’Algérie (IPA) avec le partenaire russe pour acquérir le vaccin», a précisé Fourar lors de son passage à la Radio nationale. Fourar, qui est également directeur général de la prévention au ministère de la Santé, a assuré que «la campagne de vaccination sera lancée dès la réception du vaccin qui sera gratuit». Quelques instants après la déclaration du Fourar, le ministère de la Santé a tenu à préciser que l’arrivée du vaccin anti-Covid-19 est programmée pour le mois en cours et s’engage à «informer les citoyens dès sa réception». «Réagissant à une information reprise par certains organes de presse sur la réception du vaccin contre le Covid-19 pour le 12 ou 13 janvier 2021, le ministère de la Santé tient à préciser que les déclarations du Dr Djamel Fourar, directeur général de la prévention et de la promotion de la santé et porte-parole du Comité scientifique de suivi de l’évolution du Covid-19, sur les ondes de la Chaîne 3 de la Radio algérienne, ont été mal interprétées et qu’en aucun cas il n’a affirmé la réception dudit vaccin», indique le ministère de la Santé. Les incohérences dans la communication se sont multipliées ces derniers jours entre les membres du Comité du suivi de la pandémie de coronavirus et le ministère de la tutelle. Ce qui témoigne d’un manque de coordination entre les différents intervenants du secteur de la Santé.
Parmi les cafouillages : l’annonce du Dr Mohamed Berkani Bekkat, membre du Comité scientifique de suivi de l’épidémie de coronavirus, qui précisait, sur les ondes de la Chaîne 3, que la campagne de vaccination contre le Covid-19 pourrait commencer en janvier 2021 en Algérie. Aussi le Pr Kamel Senhadji, directeur de l’Agence nationale de la sécurité sanitaire (ANSS), relayait que la campagne de vaccination pourrait commencer en janvier 2021. Quelques jours plus tard, le ministre de la Santé, Abderrahmane Benbouzid, affirmait que l’Algérie «n’avait pris aucune décision» concernant le vaccin anti-Covid.
Des contradictions ont émergé aussi parmi d’autres responsables des autorités sanitaires, sur le type de vaccin à acquérir. Pour le Dr Bekkat, «le vaccin doit être adapté à la stratégie vaccinale que nous avons adoptée, selon notre réseau, avec des normes acceptables et applicables et à la portée financière de l’Algérie». «Il faut qu’il soit facilement utilisable et conservable, ce qui disqualifie pas mal de vaccins. Il est des vaccins qui nécessitent une logistique ultra sophistiquée», a-t-il précisé. De son côté, le Pr Senhadji a estimé que l’Algérie possède les moyens et la logistique nécessaires pour acquérir les vaccins anti-Covid, y compris celui développé par Pfizer/BioNTech qui doit être stocké sous des températures très basses (-70° C). Sur cette polémique, le ministre de la Santé a réagi en déclarant dans un quotidien national d’information que «le Comité scientifique a mal noté les sérums, notamment ceux qui exigent
d’être conservés dans des dispositifs de froid à moins de 70°Celsius. Ces vaccins ne sont pas compatibles avec les équipements de chaîne du froid dont disposent nos établissements de santé».

L’Algérie s’intéresse à d’autres vaccins
Fourar a affirmé que «dans le système Covax de l’OMS, l’Algérie va pouvoir recevoir, au cours du premier trimestre 2021, entre 8 et 10 millions de doses pour vacciner 20 % de la population», ajoutant qu’«il y a d’autres vaccins qui nous intéressent, car ils ont les mêmes caractéristiques que Spoutnik V», citant à cet effet le vaccin britannique AsrtraZenica. Le responsable a également fait savoir que le ministère de la Santé a tenu une réunion, dimanche, avec les directeurs de la santé publique (DSP) des 48 wilayas afin de «leur donner les dernières directives avant le début de la campagne de vaccination», relevant que cette réunion a porté notamment sur «l’organisation générale et la planification de la vaccination à travers les 8 000 structures de santé habituées à ce genre d’opération».
Il a indiqué, en outre, que l’Algérie «a fixé l’objectif de vacciner au moins 80 % de la population pour parvenir à une immunité de groupe», relevant qu’«il y a des priorités établies comme le personnel de la santé, les personnes âgées et vulnérables».
«La campagne va s’étaler sur plusieurs mois, voire une année. Ainsi, il est nécessaire d’échelonner les approvisionnements des vaccins de manière à pouvoir vacciner toutes les personnes prioritaires», a-t-il expliqué.
A ce propos, Fourar a indiqué qu’«aucun pays ne peut vacciner sa population en un temps court», soulignant l’«importance de débuter avec une petite quantité de vaccin dans un premier temps».

L. A. R.

 

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