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Alger
mardi 16 août 2022

L’année des incendies

L’année 2021 restera dans la mémoire collective algérienne et maghrébine à bien des égards, ayant été dans l’ensemble une année mouvementée, agitée, et même troublée à partir de l’été notamment, encore qu’on ne puisse dire qu’elle a été carrément une année épouvantable, de bout en bout une année noire. La pandémie n’a pas été sa marque principale, comme cela fut le cas dans le reste du monde. Dans le Maghreb comme dans l’ensemble du continent africain, à la différence peut-être de l’Afrique du Sud, et encore son cas ne peut se comparer à celui d’un pays occidental de taille équivalente, la pandémie a fait preuve d’une certaine clémence à l’égard des populations, mais pas envers leur de niveau de vie, qu’elle a au contraire sévèrement impacté. Evidemment, on ne peut mettre sur son seul compte l’appauvrissement accru de ces derniers mois, mais il ne fait pas de doute que les confinements qu’elle a entraînés y ont contribué dans une mesure qui peut-être n’est pas négligeable. Des secteurs entiers d’activité ont perdu pied, qui aujourd’hui encore sont dans l’incapacité de retrouver leur équilibre. Il en a résulté un enchérissement s’étendant à quasiment tous les produits de première nécessité, un phénomène qui cependant s’observe ailleurs dans le monde. Mais ce n’est pas cela qui pour les Algériens fera de 2021 une année particulière.

Les grands incendies de cet été, dont la Kabylie a été la principale victime, lui resteront en revanche associés pour des années encore, alors même qu’il ne s’est pas passé d’été sans que les feux se déclarent ici et là dans le pays. Ce qui a fait des feux de l’été 2021 un drame particulier, c’est d’une part leur extension, la rapidité avec laquelle ils se sont répandus, le nombre des victimes humaines et des villages qu’ils ont consumés, et de l’autre le contexte politique dans lequel ils se sont déroulés. Il régnait dans le pays, pas seulement donc en Kabylie, une atmosphère délétère, toujours entretenue par le hirak, qui pourtant était déjà retombé, qui a fait d’une catastrophe naturelle un enjeu politique. Un mélange des genres, une contamination réciproque de deux sphères qui jusque-là étaient parfaitement séparées, dont va découler une scène atroce : le lynchage de Djamel Bensmaïl à Larbaa Nath Irathen le 11 août de cette année. Un acte terroriste aux allures d’acte de folie, en tant que tel prémédité, quand bien même il aurait été improvisé dans le feu de l’action, qui a été non sans de bonnes raisons imputé au Mak, l’instrument du Maroc et d’Israël. Les menées du Mak et les incendies de Kabylie ont conduit à la rupture des relations diplomatiques entre le Maroc et l’Algérie le 24 août sur initiative de cette dernière. Tout est parti de la déclaration du représentant marocain aux Nations unies, dans laquelle il apportait le soutien de son pays à l’autodétermination de la Kabylie, une revendication portée en Algérie par le seul Mak. Le vrai tournant, ce sont les propos du représentant marocain. Tout le reste a pour ainsi dire coulé de source : le rappel de l’ambassadeur algérien au Maroc, la rupture consommée entre les deux pays, l’abandon de Medgaz, et l’attaque marocaine de Bir Lahlou, une agression caractérisée causant la mort de trois innocents camionneurs algériens.

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