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mercredi 30 novembre 2022

L’ancien ministre des Finances Benkhalfa et envoyé spécial de l’UA : «La réforme économique se fera loin des anciennes méthodes…»

Soulignant la nécessité d’adopter de nouvelles approches et méthodes pour parvenir à concrétiser une réforme économique forte, l’envoyé spécial de l’Union africaine (UA) a assuré que «la réforme se fera loin des anciennes méthodes administratives, tout en préservant les acquis sociaux».

Par Thinhinene Khouchi
S’exprimant hier sur les ondes de la Radio nationale, l’ancien ministre des Finances et envoyé spécial de l’Union africaine, Abderrahmane Benkhalfa, a salué les décisions et instructions prises avant-hier par le président de la République afin de prendre les mesures nécessaires pour soutenir un lancement économique «fort». Il a déclaré que «les décisions du président de la République s’inscrivent dans une vision intégrée et homogène et non circonstancielle, et la gestion économique reste l’épine dorsale de l’ingénierie économique». L’expert en finances a estimé que «l’économie ne se redresse pas grâce aux anciennes méthodes, aux perspectives administratives et aux décisions saisonnières et circonstancielles, mais plutôt grâce à l’ingénierie et à des perspectives à moyen et long terme». L’invité de la Chaîne 1 a ajouté que «l’année 2020 a été une année politique et institutionnelle, tandis que 2021 sera une année économique et financière par excellence», s’attendant à ce que les prix du pétrole se stabilisent au-dessus du niveau de 50 dollars le baril. Dans ce contexte, Benkhalfa a estimé que la priorité est désormais pour l’économie de revenir aux valeurs économiques et à une nouvelle ingénierie et gouvernance, tandis que les secteurs à caractère social restent parmi les priorités, soulignant que la loi de finances 2021 vise à préserver le pouvoir d’achat du citoyen. A ce propos, l’intervenant a averti que «la marge de manœuvre de la loi de finances 2021 est étroite pour rattraper son retard au regard du déficit budgétaire de deux mille milliards de dinars». D’autre part, concernant les réformes majeures, l’envoyé spécial de l’Union africaine a attribué le dossier bloqué des réformes majeures à leur complexité technique et au danger politique et social qui peut en résulter comme il l’a décrit, soulignant que le processus nécessite une alliance nationale. Il a indiqué que l’administration n’est pas un mécanisme économique et que son rôle se limite à la surveillance et au contrôle uniquement. Il a souligné que les règles du jeu dans le domaine de l’investissement, de la fabrication, de l’installation et de la fiscalité, doivent être prouvées, estimant, à cet égard, que la réforme du système économique consiste à cesser «la duplication» dans le marché et le taux de change et à parvenir à l’intégration économique interne en mettant fin à l’économie parallèle. Il a fait remarquer que son endiguement ne se fera pas par la dissuasion mais par la stimulation, avec un ensemble de mesures à moyen et long terme. D’autre part, l’ancien ministre des Finances a expliqué que le gouvernement travaille sur trois fronts, à savoir le front pour faire face à l’épidémie de coronavirus, le front du décollage économique et le front des réformes majeures qui abordent les problèmes économiques de manière structurelle. Il a estimé que la stratégie de l’Algérie pour faire face à l’épidémie et accompagner l’économie était «coordonnée» et «bonne», et que toutes les mesures économiques étaient «efficaces», même si l’interaction des institutions n’était pas au niveau, en termes d’application et non en termes de contenu. Enfin, sur le plan financier, l’intervenant a confié sur les ondes de la Radio nationale que «le financement du budget représente un dilemme. Il faut revenir à un schéma de financement non conventionnel en mobilisant des ressources internes autres que les canaux bancaires, en plus de recourir à des ressources extérieures en faisant intervenir des investissements directs étrangers». Selon lui, «l’Algérie est également confrontée, dans les circonstances actuelles, à une concurrence féroce dans la zone arabe libre, la région africaine et même dans les domaines du pétrole et du gaz», a-t-il conclu.
T. K.

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