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jeudi 25 avril 2024

L’Afrique et le Brésil pour le cessez-le-feu immédiat

S’il existait une puissance réelle dénommée la communauté internationale, qui à ce titre serait autre chose qu’un ensemble de pays dont la marque principale est l’impuissance collective à imposer le droit international, Israël serait aujourd’hui non seulement accusé de génocide mais condamné pour en avoir déjà commis un. Un seul Etat s’inscrit depuis le début de la guerre en faux contre cette juste rétribution, ce sont les Etats-Unis, la première puissance militaire au monde, qui estime l’être aussi bien par ses armes que par son autorité morale, ce qui est un comble. Il est le seul à pouvoir imposer le cessez-le-feu à Israël, une demande dans laquelle communie pour l’heure le monde entier, les censeurs d’Israël comme ses encenseurs, ses amis comme ses contempteurs, même si pour la formuler les premiers sont loin de se servir du même langage que les deuxièmes. Les Européens, comme d’ailleurs les Américains, seraient contents si Israël tout en continuant de se défendre, comme ils disent, c’est-à-dire à détruire et à tuer, s’astreignait ce faisant à plus de modération. Il les blesse, les malmène, les outrage, en leur offrant chaque jour le spectacle d’une telle sauvagerie exercée sur une population désarmée, en nuisant par là même à leur image de marque, car ils comptent au nombre de ses alliés.

L’ami d’un génocidaire ne peut pas être tout à fait irréprochable. Les pays africains, pour leur part, n’ont eu aucun mal à condamner Israël dans leur communiqué final à l’issue de leur dernier sommet à Addis-Abeba, en plus de lui demander de se conformer rigoureusement à l’arrêt de la Cour internationale de justice, qui lui a ordonné dernièrement de rien faire qui le rende passible d’une condamnation pour génocide. En marge du sommet, le président brésilien Lula da Silva a été plus explicite encore. La guerre que mène actuellement Israël dans Ghaza, a-t-il déclaré, n’en est pas une en réalité, c’est un génocide, rien qu’un génocide. Et d’ajouter, jamais cela ne s’est produit auparavant. Ce n’est pas la première fois que Lula dit ce qu’il pense en la matière. Mais à Addis-Abeba il a tenu à préciser sa pensée : le génocide qu’Israël est en train de commettre à Ghaza n’a qu’un seul précédent, c’est le génocide d’Hitler contre les juifs. Des propos qui bien sûr ont fait rapidement réagir Netanyahou, qui a invité leur auteur à ressentir de la honte pour les avoir prononcés. Certes, ce ne sont pas les condamnations conjuguées d’Addis-Abeba qui obligeront Israël à mettre fin à ses crimes, tant d’ailleurs à Ghaza qu’en Cisjordanie, mais elles resteront comme des stigmates visibles sur son corps. Le fait qu’un dirigeant renommé et respecté comme Lula compare le génocide palestinien en cours au génocide juif pendant la Deuxième Guerre mondiale est hautement significatif ; c’est une révolution, un changement de paradigme. Israël justifie son existence, c’est-à-dire la spoliation des Palestiniens, par la l’entreprise nazie visant à l’extermination des juifs d’Occident. Il s’en prend aux Palestiniens non pas parce qu’ils avaient un objectif similaire (encore qu’il y a quelque temps Netanyahou ait voulu réécrire l’histoire sur ce point précis en présentant Mohamed Amin al-Husseini, le fameux grand muphti de Jérusalem, comme la personne qui avait inspiré à Hitler la solution finale) mais parce que l’ayant précédé sur «la terre promise», ils ont le choix entre la lui laisser ou périr de ses mains.

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