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mardi 27 septembre 2022

Lâchement assassiné le 13 février 1995: Azeddine Medjoubi, un modèle sacré pour les jeunes artistes

Lâchement assassiné devant le Théâtre national algérien un 13 février 1995 par des terroristes, Azeddine Medjoubi a marqué de son empreinte la mémoire collective avec des œuvres théâtrales de haute facture.
Cet artiste profession el est encore un modèle pour beaucoup d’artistes et de passionnés du quatrième art, considéré comme le père des arts.

Par Abla Selles

Trois décennies durant, cet artiste charismatique et authentique s’est illustré sur la scène théâtrale par sa performance probante en tant que comédien et réalisateur, à une étape phare de l’histoire du mouvement scénique post-indépendance.
L’homme qui s’est distingué avec brio sur scène, voulait apporter une signature théâtrale d’exception pour bâtir un théâtre authentique et transmettre son expérience artistique aux générations montantes.
L’artiste engagé s’est éteint devant le TNA à la tête duquel il venait d’être nommé directeur. Il préparait de nombreux projets pour relancer cet établissement et ouvrir la porte aux véritables talents.Azeddine Medjoubi, qui a brillé tant au théâtre qu’au cinéma, a quitté ce monde laissant derrière lui des œuvres immortelles qui restent gravées en lettres d’or dans les registres du théâtre algérien et dans les mémoires du public.
Les inconditionnels du quatrième art garderont en mémoire son rôle interprété avec brio dans la pièce de théâtre «Hafila Tasir». Sortie en 1985, cette pièce de théâtre dans laquelle il avait partagé la vedette avec la grande comédienne Dalila Helilou, est devenue un classique du théâtre algérien.
Azeddine Medjoubi a mis en scène plusieurs œuvres dramatiques, telles que la pièce «Ghabou lafkar» ou encore «Alem El-Baouche» qui a connu un succès fulgurant et a même remporté le prix de la meilleure mise en scène au Festival de théâtre de Carthage en Tunisie.
En 1990, il créé la troupe «El-Qalâa» avec Sonia, Ziani Chérif Ayad et M’hamed Benguettaf, produisant, entre autres, «Hafila Tassir 2» (nouvelle version) et «El-Ayta».
Né le 30 octobre 1945 à Azzaba (Skikda), Azzeddine Medjoubi, fils d’un avocat, s’est lancé dans la carrière de comédien dans les années 1960 au sein de la troupe de la Radio nationale à Alger (1965-1968), avant de rejoindre les planches du TNA.
Le défunt a participé à plusieurs œuvres télévisuelles et cinématographiques, dont «Journal d’un jeune travailleur» de Mohamad Ifticene, «Automne, octobre à Alger» de Malik Lakhdar-Hamina, un long-métrage qui dépeint les événements d’octobre 1988, et le film «Youcef ou la légende du septième dormant», réalisé par Mohamed Chouikh.
Le regretté a, par ailleurs, contribué à la production de nombreuses pièces théâtrales dans des théâtres régionaux et a eu à occuper plusieurs postes administratifs, notamment celui de directeur du théâtre régional de Batna puis de Bejaïa, avant d’être nommé en 1995 à la tête du TNA Mahieddine-Bachtarzi.
Il est à noter que le Théâtre national algérien Mahieddine-Bachtarzi diffuse depuis mercredi soir des pièces virtuelles en hommage à ce grand homme qui a consacré une bonne partie de sa vie au théâtre et au cinéma algériens.
A. S.

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